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Cardiologie

Insuffisance cardiaque : 4 propositions pour améliorer la prise en charge des malades

La prise en charge de cette maladie courante du cœur souffre actuellement de nombreux défauts. 

Insuffisance cardiaque : 4 propositions pour améliorer la prise en charge des malades cosmin4000 / istock.

  • Publié le 23.06.2021 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • En France, près d’1,5 million de patients sont touchés par l’insuffisance cardiaque, en majorité des personnes âgées de plus de 60 ans chez qui elle représente la première cause d’hospitalisation.
  • Le contexte de vieillissement des populations devrait ainsi accroître les besoins et la demande de soins à l’horizon 2040.

Pour améliorer la prise en charge des nombreux malades souffrant d’insuffisance cardiaque, des médecins, des sociétés savantes et des associations de patients ont travaillé ensemble pendant six mois.

4 axes d’amélioration

Au sortir de ce travail d’équipe, 4 axes d’amélioration ont été proposés :

1/ Systématiser le dépistage précoce de l’insuffisance cardiaque et de ses comorbidités, en encourageant les actions de prévention pour limiter les décompensations. "Parmi les actions proposées, l’accès aux données de la CPAM afin de mieux identifier et suivre les patients les plus à risque, la création d’un livret individuel de l’insuffisance cardiaque, l’organisation de campagnes nationales et locales de sensibilisation à l’insuffisance cardiaque visant à la fois le grand public et les professionnels de santé", précisent les experts.

2/ Optimiser les parcours autour de filières territoriales, afin de s’ajuster au mieux aux besoins des patients et des ressources disponibles. "Cela nécessite, notamment, d’adapter le parcours au niveau de chaque territoire, d’optimiser les liens Ville-Hôpital/Clinique en désignant un interlocuteur privilégié, de créer un modèle de coordination type articulé autour des rôles du cardiologue ville-hôpital, du gériatre, du médecin généraliste, du pharmacien, de l’infirmier et de développer la e-santé", estiment les professionnels de santé.

3/ Mieux partager l’information pour limiter les pertes de chances d’accès aux soins. "Cela passe, entre autres, par la structuration des systèmes d’information au plan national et régional à travers notamment le développement de plateformes de centralisation des données", jugent les différents acteurs. Et de poursuivre : cela passe aussi par "l’amélioration et la rationalisation des systèmes de communication et de coordination territoriaux ; la valorisation et la promotion des bonnes pratiques grâce à des initiatives telles qu’un « Observatoire de l’IC », un « Prix de l’IC » ou des temps forts régionaux dédiés".

4/ Faire du financement au parcours un succès pour les patients et les soignants. "Cela nécessite d’adapter le financement à l’ensemble du parcours afin qu’il couvre la prise en charge de l’ensemble des soins, mais aussi de faire en sorte que les ressources financières soient mieux allouées et que les ressources soignantes soient utilisées de manière plus efficiente", argumente le collectif. Pour atteindre ces objectifs, l’une des solutions proposées est de s’appuyer sur des indicateurs concrets, comme le nombre d’hospitalisations évitées. Les acteurs à l’origine du programme Optim’IC proposent aussi de valoriser ceux qui oeuvrent à l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients via des incitations financières.

Un diagnostic souvent tardif

Les échanges ont permis de réaliser plusieurs constats sur le modèle de prise en charge actuel, parmi lesquels : un diagnostic de l’insuffisance cardiaque souvent tardif survenant généralement suite à une décompensation, une prise en charge principalement hospitalière mobilisant d’importantes ressources, un accès limité aux antécédents cliniques du patient, une articulation des soins entre la médecine hospitalière et la médecine de ville à optimiser, des conditions insuffisantes d’implication des patients dans leur propre prise en charge. 

Chaque année, l’insuffisance cardiaque est responsable d’environ 70 000 décès et 165 000 hospitalisations, lesquelles sont suivies par de nombreuses réhospitalisations qui impactent la qualité de vie des patients et engendrent des dépenses de santé considérables. Elle représente aujourd’hui 2,8 milliards d'euros de dépenses annuelles (soit 1,37% du total des dépenses de santé). L’hospitalisation est le premier poste de dépenses, alors que l’insuffisance cardiaque représente la moitié des réhospitalisations potentiellement évitables. 

L’insuffisance cardiaque est l’incapacité du muscle cardiaque à assurer normalement son rôle de propulsion du sang dans l’organisme. Elle peut survenir dans l’évolution d’un infarctus du myocarde, d’une angine de poitrine, d’une hypertension artérielle… Sa fréquence augmente avec l’âge. 

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