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QUESTION D'ACTU

Chirurgie cardiaque

Un coeur artificiel s’adapte aux besoins des patients de façon autonome

Un nouveau cœur artificiel autonome s’adapte, seul, aux besoins physiologiques des patients. À terme, il pourrait être greffé aux personnes atteintes d'insuffisance cardiaque. 

Un coeur artificiel s’adapte aux besoins des patients de façon autonome Marcus Millo/iStock

  • Publié le 19.06.2021 à 17h00
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L'ESSENTIEL
  • Un cœur artificiel autonome obtient de très bons résultats à un essai clinique.
  • Ce modèle adapte le rythme cardiaque aux besoins physiologiques des patients.

2,3 % de la population souffrirait d'insuffisance cardiaque selon Santé publique France. Ce pourcentage s’élève à 10 % chez les 70 ans et plus. Cette pathologie est une anomalie de la pompe cardiaque qui ne permet plus un apport en oxygène et en nutriments suffisant. Le cœur n’a donc plus la même force musculaire et ne bat plus de façon normale. Ce trouble peut avoir de graves conséquences comme des oedèmes ou un infarctus. L'insuffisance cardiaque, notamment lorsqu’elle est chronique, peut être prise en charge de deux manières : soit par des médicaments, soit avec un traitement chirurgical pouvant aller jusqu’à la transplantation cardiaque dans les cas les plus graves. En raison du manque de donneurs pour cette greffe, les chercheurs travaillent depuis plusieurs années à l’élaboration d’un cœur artificiel. L’un de ces prototypes, le cœur artificiel total Carmat, vient d’obtenir de très bons résultats à un essai clinique. 

Le coeur artificiel s’adapte aux besoins physiologiques des patients

Il s’agit d’un cœur artificiel avec un mécanisme de contrôle autorégulé, c’est-à-dire qu’il fonctionne de manière automatique. Celui-ci peut donc s'adapter, seul, aux besoins physiologiques des patients traités pour une insuffisance cardiaque qui affecte l’un ou les deux côtés du cœur. Les résultats de l’essai clinique ont été publiés dans la revue ASAIO Journal. Dans cette étude, dix patients atteints d'insuffisance cardiaque et qui n’avaient comme seule option thérapeutique que la transplantation, ont été suivis pendant deux ans après l'implantation de ce cœur artificiel. Les résultats sont probants : chez tous les participants, le mode automatique du cœur Carmat a permis d’adapter le débit cardiaque à leurs besoins physiologiques. "Le mode automatique cœur artificiel total Carmat avec capteurs de pression intégrés permet des réponses physiologiques efficaces et appropriées qui reflètent l'évolution des besoins quotidiens des patients et fournit ainsi un traitement de remplacement cardiaque", expliquent les chercheurs dont l'auteur principal est Ivan Netuka. 

Des capteurs de pressions et des pompes de remplacement

Le cœur artificiel automatique fonctionne grâce à des pompes de remplacement cardiaque qui adaptent leur action en fonction des capteurs de pression - préalablement réglés par un médecin - situés à l'intérieur de l'appareil. Ces capteurs de pressions récoltent les informations  physiologiques, repos ou activité physique par exemple, pour adapter les battements du cœur artificiel aux besoins des patients. Ainsi, qu’importe l’activité des individus, les battements sont adaptés et normaux. La grande avancée de ce produit est donc d’être totalement autonome : une fois sortis de l’hôpital, les patients peuvent reprendre une vie normale. Ils ont beaucoup moins de contraintes qu’avec les précédents modèles de cœurs artificiels. 

Peu de rendez-vous médicaux après la greffe du coeur artificiel

Dans le détail, les dix patients ayant participé à l’essai clinique avaient une fréquence cardiaque comprise, en moyenne, entre 78 et 128 battements par minute. Leur tension artérielle était également normale. Pour tous, le cœur artificiel s’est bien adapté aux évolutions de leurs besoins. De plus, les paramètres initialement réglés par le médecin n’ont été modifiés qu’une vingtaine de fois, dont la plupart étaient des ajustements effectués au cours des trente premiers jours après la mise en place du dispositif. Seuls quatre ont été effectués après que les patients soient rentrés chez eux, soit un rendez-vous tous les onze mois. "(Cela) peut contribuer à une plus grande autonomie des patients en dehors de l'environnement hospitalier et à une amélioration de leur qualité de vie", estiment les auteurs. Des résultats prometteurs pour un cœur artificiel qui permettra peut être, à terme, de sauver beaucoup de patients. Chaque année, 70 213 décès sont associés à une insuffisance cardiaque. 

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