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QUESTION D'ACTU

Deuxième cerveau

Le microbiote influencerait les réactions des bébés face à la peur

En agissant sur les parties du cerveau qui gèrent la menace, la composition du microbiote intestinal des nourrissons pourrait influencer leur façon de réagir face à la peur. 

Le microbiote influencerait les réactions des bébés face à la peur LeManna/iStock

  • Publié le 07.06.2021 à 12h30
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L'ESSENTIEL
  • Un bon équilibre de la flore intestinale chez le bébé limite ses réactions de peur
  • C'est le lien entre le microbiote et la partie du cerveau qui gère la réaction à une menace qui serait impliqué

Et si la réaction des bébés face à la peur dépendait de leur microbiote intestinal ? C’est à cette surprenante question que des chercheurs ont tenté de répondre. Leur travaux viennent d’être publiés dans la revue Nature communications et pour eux, c’est certain, il y a un lien ! Ils vont même plus loin : selon eux, le microbiote intestinal pourrait aider à contrôler le développement neurologique sain des enfants. 

Des travaux menés sur trente bébés

Le microbiote intestinal a de nombreuses vertus, car il influence une grande partie de l’organisme, comme le système immunitaire, le cerveau, le système cardio-vasculaire ou encore le système osseux, etc. À l’intérieur de celui-ci, vit tout un ensemble de micro-organismes - bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes - dont la diversité est essentielle pour un bon équilibre du microbiote intestinal. Pour comprendre si cette partie de l’organisme influence les réactions de peur des bébés, les scientifiques ont mené leurs travaux sur trente nourrissons qui ne prenaient pas d'antibiotiques et étaient allaités. Ils leur ont d’abord fait faire des analyses de selles afin de caractériser leur microbiote puis ont évalué leur réaction face à une situation de peur : chaque bébé était placé dans une pièce où un individu portant un masque d’Halloween entrait. “Nous voulions vraiment que l'expérience soit agréable pour les enfants et leurs parents, rassure Rebecca Knickmeyer, autrice de l’étude. Les parents étaient là tout le temps et ils pouvaient intervenir quand ils le voulaient.

La composition du microbiote influence la façon de réagir à la peur

Les chercheurs ont ensuite croisé les réactions des bébés avec les caractéristiques de leur microbiote intestinal. Ils ont ainsi observé que ceux dont cette partie de l’intestin était composée d'un petit ensemble de bactéries étaient plus effrayés que ceux dont les flores intestinales étaient plus équilibrées. Autrement dit, ceux qui avaient le plus peur avaient les mêmes types de micro-organismes dans leur microbiote, et inversement pour ceux qui n'étaient pas effrayés. Les scientifiques ont donc estimé que le contenu de la communauté microbienne influencait bien le niveau de peur exprimé par les bébés. De plus, les chercheurs ont étudié le cerveau des enfants âgés d’un an en leur faisant passer des examens d’imagerie médicale. Selon eux, le contenu de la communauté microbienne à cet âge serait associé à la taille de l'amygdale, une partie du cerveau impliquée dans la prise de décisions rapides concernant les menaces potentielles. En revanche, les chercheurs n’ont pas identifié de lien entre le microbiote et la façon dont les petits réagissaient à la présence d’un étranger ne portant pas de masque. "Avec les étrangers, il y a un élément social, souligne  Rebecca Knickmeyer. Ainsi, les enfants peuvent avoir une méfiance sociale, mais ils ne voient pas les étrangers comme des menaces immédiates”. La réaction face à un étranger ne solliciterait donc pas les mêmes régions du cerveau. 

La composition du microbiote aiderait à un meilleur développement neurologique

"Nous avons un nouveau levier pour mieux suivre la santé neurologique des enfants dès le plus jeune âge (...), s'ils ne peuvent pas diminuer leur réaction de peur lorsqu'ils sont en sécurité, ils ont plus de risques de développer, plus tard, de l'anxiété et de la dépression, assure Rebecca Knickmeyer. Notre objectif à long terme est de comprendre comment agir (sur le microbiote intestinal) pour favoriser une développement (neurologique) plus sain". À l’inverse, les enfants n’ayant pas du tout de réaction face à la peur pourraient, à l’âge adulte, avoir des traits de caractères insensibles, associés à un comportement antisocial. Les scientifiques estiment donc que l’étude du microbiote intestinal des bébés pourrait aider à mieux appréhender et suivre la santé mentale de ces futurs adultes. “Cette période de développement précoce est un très bon moment pour favoriser le développement sain du cerveau, conclut Rebecca Knickmeyer. Le microbiome est une nouvelle cible passionnante qui peut être potentiellement utilisée pour cela”.
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