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QUESTION D'ACTU

Inégalités de santé

En France, les milieux défavorisés ont deux fois plus de risques de mourir d’un cancer

L’excès de mortalité lié au cancer peut être jusqu’à deux fois supérieur chez les malades des zones les plus défavorisées par rapport à ceux des quartiers privilégiés. 

En France, les milieux défavorisés ont deux fois plus de risques de mourir d’un cancer Serge Cornu / istock.

  • Publié le 10.04.2021 à 14h00
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L'ESSENTIEL
  • On estime à 157 400 le nombre de décès par cancer survenus en France en 2018 : 89 600 hommes et 67 800 femmes.
  • À l'inverse de l'incidence, le taux de mortalité par cancer est en constante diminution depuis 25 ans.
  • Ces maladies connaissent de fortes inégalités sur la qualité de prise en charge selon la catégorie sociale

Selon une nouvelle étude de Santé Publique France, l’environnement social a un impact fort sur la survie des patients atteints d’un cancer.

Un enjeu majeur

Les inégalités sociales de santé représentent un enjeu majeur de santé publique. Dans le domaine du cancer, la littérature scientifique a déjà mis en évidence des disparités sociales d’incidence et de mortalité. Cependant, aucune étude n’avait encore analysé les inégalités sociales de survie sur un large échantillon de patients atteints d’un cancer en France.

Pour pallier ce manque de données, environ 210 000 cas de cancers diagnostiqués entre 2006 et 2009 ont été inclus dans une nouvelle étude. L’environnement socioéconomique était mesuré par l’indice  agrégé de défavorisation sociale européen (European Deprivation Index, EDI). L’analyse de la survie nette (i.e. survie qui s’affranchit des autres causes possibles de décès) s’est appuyée sur la méthode de Pohar-Perme et une modélisation flexible du taux de mortalité en excès.

Résultats : la survie nette à 5 ans était moins bonne parmi les personnes habitant dans les zones les plus défavorisées, avec des écarts d’ampleur variable selon le cancer. Chez les hommes, la survie nette à 5 ans était diminuée chez les plus défavorisés de 6,4 points pour le cancer colorectal, 3 points pour le cancer de la prostate et 2,9 points pour le cancer du poumon. Chez les femmes, la survie nette à 5 ans était diminuée chez les plus défavorisées de 5,5 points pour le cancer colorectal, 5,1 points pour le cancer du sein et 3,6 pour le cancer du poumon. "Les résultats étaient plus nuancés pour les hémopathies malignes", commentent les auteurs de l’étude.

Toutes les tumeurs solides sont concernées

Les modélisations ont confirmé un effet significatif de l’environnement social sur la survie pour toutes les tumeurs solides (sauf sarcomes et thyroïde), et pour les lymphomes de Hodgkin, quatre lymphomes non hodgkiniens et les syndromes myéloprolifératifs chroniques. L’excès de mortalité lié au cancer peut être jusqu’à deux fois supérieur chez les malades des zones les plus défavorisées par rapport à ceux des zones les moins défavorisées (exemple : mélanome chez les hommes, leucémies lymphoïdes chroniques ou cancers des voies biliaires chez les femmes).

"Cette étude révèle un gradient social de survie unidirectionnel pour la quasi-totalité des cancers en France, avec une moins bonne survie chez les patients vivant dans les zones les plus défavorisées", concluent les chercheurs. 

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