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La vie après la mort : des «gènes zombies» peuvent modifier les cellules cérébrales pendant de nombreuses heures

Les gènes de certaines cellules cérébrales continuent de s'exprimer après la mort clinique. Une découverte qui doit être prise en compte dans les recherches sur l'autisme, la schizophrénie ou Alzheimer menées sur les tissus cérébraux post-mortem.

La vie après la mort : des \ Natali_Mis/iStock

  • Publié le 26.03.2021 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • L'expression des gènes de cellules cérébrales inflammatoires augmente après la mort
  • Cette découverte doit permettre des analyses plus précises des tissus cérébraux post-mortem dans la recherche sur les troubles neurologiques

Et si toute vie ne s'arrêtait pas lorsque le coeur cesse de battre ? C'est ce que l'on peut déduire des travaux menés par des chercheurs de l'université de l'Illinois à Chicago et publiés dans la revue Scientific Reports. Cette recherche montre que l'expression des gènes de cellules du tissu cérébral non seulement ne cesse pas après la mort mais devient même encore plus active !

Ces "gènes zombies", comme les appellent les chercheurs sont spécifiques à des cellules inflammatoires appelées cellules gliales pour lesquelles ils ont observé qu'elles se développaient en produisant de longs appendices en formes de bras "pendant de nombreuses heures après la mort". Ces cellules sont localisées dans le tissu cérébral.

Des cellules inflammatoires qui nettoient les effets des lésions cérébrales

"La plupart des études supposent que tout s'arrête dans le cerveau lorsque le coeur cesse de battre, mais ce n'est pas le cas", remarque le Dr Jeffrey Loeb, auteur principal de ces travaux. Ce qui, d'ailleurs, lui semble finalement assez logique : "Le fait que les cellules gliales s'agrandissent après la mort j'est pas trop surprenant étant donné qu'il s'agi de cellules inflammatoires dont le rôle consiste à faire le nettoyage après des lésions cérébrales liées à la privation d'oxygène ou à un AVC". Autrement dit, leurs gènes survivraient au décès clinique pour leur permettre de continuer de s'acquitter des tâches pour lesquelles elles sont programmées.

Comment Jeffrey Loeb et son équipe sont-ils parvenus à cette étonnante découverte ? Ils ont prélevé des tissus cérébraux sur des patients décédés dans le cadre de recherches sur de nouveaux traitements pour l'épilepsie. Et c'est en analysant ces tissus qu'ils ont constaté des comportements très différents de plusieurs groupes de gènes. Les gènes qui fournissent les fonctions cellulaires de base sont restés stables et un autre groupe de gènes, tous ceux connus pour être présents dans les neurones et impliqués dans l'activité cérébrale -la pensée et la mémoire- se sont rapidement dégradés dans les heures ayant suivi la mort. C'est un troisième groupe, celui des "gènes zombies" qui a attiré leur attention lorsqu'ils se sont aperçus que leur activité augmentait en atteignant un niveau maximum environ 12 heures après la mort.

Mieux comprendre les analyses de tissu cérébral post-mortem

Au-delà de révéler qu'une part de la vie cellulaire peut se poursuivre après le décès, cette constatation a un intérêt pour la recherche concernant des troubles neurologiques comme l'autisme ou la maladie d'Alzheimer : celle-ci s'appuie en effet parfois sur l'analyse du tissu cérébral post-mortem. Et les travaux de Jeffrey Loeb et de son équipe, en montrant que ce tissu peut continuer d'évoluer après la mort sous l'effet des "gènes zombies", indiquent que ces changements doivent être pris en compte. Et qu'il est préférable pour de telles recherches de travailler sur des tissus cérébraux post-mortem "frais" ouy de ne travailler que sur les cellules dont l'expression génétique est stabilisée.

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