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QUESTION D'ACTU

Perturbateur endocrinien

Le bisphénol B serait aussi dangereux que le bisphénol A

Dans une note rendue publique ce mardi, l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire (Anses) a mis en garde contre l’usage du bisphénol B, largement utilisé pour la fabrication de plastiques comme alternative au bisphénol A. Sa toxicité pour le système endocrinien serait même supérieure à celle du bisphénol A.

Le bisphénol B serait aussi dangereux que le bisphénol A romrodinka/iStock

  • Publié le 12.03.2021 à 12h30
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L'ESSENTIEL
  • Se basant sur les résultats de plusieurs études, l'Anses souhaite classer le bisphénol B comme "substance extrêmement préoccupante".
  • Fréquemment utilisé dans la fabrication des contenants alimentaires, y compris les biberons, le bisphénol B aurait des effets sur le système endocrinien similaires, voire supérieurs à ceux du bisphénol A.
  • Il est notamment soupçonné d'altérer le système reproducteur masculin et la production d'oestrogènes.

Utilisé dans l’Union européenne comme alternative "sûre" au bisphénol A (BPA) dans la fabrication de plastiques et de résines, le bisphénol B (BPB) serait en réalité tout aussi toxique.

C’est ce qu’affirme l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire (Anses) dans un article publié mardi 9 mars sur son site. Selon l’agence sanitaire, les propriétés endocriniennes du bisphénol B seraient similaires à celles du bisphénol A, "voire légèrement plus prononcées". Souhaitant la classer comme une "substance extrêmement préoccupante", elle souhaite éviter son utilisation par les industriels en Europe et d'obliger les importateurs d'articles de consommation à déclarer sa présence dès qu'il dépasse un seuil de 0, 1 % dans leur composition.

Un composé utilisé dans les biberons et les emballages plastique

Interdit depuis 2011 pour la fabrication et la commercialisation des biberons en Europe, et depuis 2015 en France pour la fabrication des contenants alimentaires, le bisphénol A est connu depuis une dizaine d’années comme un perturbateur endocrinien. Les industriels se sont donc tournés vers le bisphénol B pour la fabrication de leurs emballages plastiques et de leurs résines. Le BPB est notamment présent dans le polycarbonate, un plastique rigide et transparent couramment utilisé dans la fabrication des biberons et de la vaisselle. Il est aussi présent dans les résines époxy, utilisées en film de protection dans les canettes et les cuves alimentaires.

Or, en se basant sur les résultats d’une étude publiée en 2019 dans la revue Environmental Health Perspectives, l’Anses considère aujourd’hui que le bisphénol B "remplit tous les critères de danger pour être définie en tant que perturbateur endocrinien", selon la définition de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les recommandations de 2013 de la Commission européenne.

Des effets sur les spermatozoïdes et les œstrogènes

Quels sont les effets endocriniens du bisphénol B ? Sur la base de ces données scientifiques, l’Anses établit que le bisphénol B "présente notamment une action œstrogénique en augmentant la production d’œstrogènes – hormones femelles - et en activant les récepteurs aux œstrogènes". Elle note aussi ses "effets néfastes en altérant le système reproducteur mâle : réduction de la production quotidienne de spermatozoïdes, diminution du poids relatif des organes reproducteurs mâles". Il existe selon elle un "lien biologiquement plausible entre l’activité endocrinienne et les effets néfastes précités".

"De plus, en cas d’exposition au bisphénol B, ses effets pourraient s’ajouter à ceux des autres bisphénols qui présentent des propriétés similaires tels que les bisphénols A et S auxquels l’Homme et l’environnement peuvent également être exposés", poursuit l’Anses, qui précise qu’il est "probable que le bisphénol B puisse induire d’autres effets, par exemple sur la reproduction femelle ou le métabolisme, et affecter un nombre important d’espèces de l’environnement".

"Le bisphénol B peut ainsi conduire à des effets sévères pour la santé humaine et peut altérer la stabilité des espèces dans l’environnement", conclut l’agence de santé.

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