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Cancer de la peau

Mélanome : l’immunothérapie avant la chirurgie limite les risques de rechute

Administrer une immunothérapie juste avant une opération élimine drastiquement tout risque de rechute. Ce risque se retrouve quasi-nul si la réponse du patient est importante au cours des six à neuf premières semaines.

Mélanome : l’immunothérapie avant la chirurgie limite les risques de rechute thodonal/iStock

  • Publié le 10.02.2021 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Parmi les 75% de patients qui ont bien répondu à la double immunothérapie administrée avant la chirurgie, seuls 3% ont vu leurs tumeurs réapparaître après la chirurgie.
  • L'immunothérapie est plus efficace lorsqu'elle est administrée avant, plutôt qu'après la chirurgie, en raison de la présence d'une tumeur volumineuse provoquant une réponse immunitaire.
  • Cette étude est la première grande analyse de l'immunothérapie préopératoire de tout cancer.

C'est une nouvelle recherche qui est présentée comme l'une des plus grandes percées dans le traitement du mélanome depuis l'avènement de l'immunothérapie. Dans une nouvelle étude publiée le 8 février dans la revue Nature Medicine, des chercheurs australiens ont découvert que l'administration de courte durée d'immunothérapie ciblée préopératoire aux patients de stade III est très efficace. Plus la réponse du patient à ce traitement est importante au cours des six à neuf premières semaines, plus la probabilité que sa maladie ne réapparaisse pas après la chirurgie est grande.

Une thérapie néo adjuvante

Les chercheurs ont regroupé les données de six essais cliniques où un traitement médicamenteux a été administré avant la chirurgie. Cette thérapie est baptisée néo adjuvante puisqu’elle a lieu avant la chirurgie. Parmi les 75% de patients qui ont bien répondu à la double immunothérapie administrée avant la chirurgie, seuls 3% ont vu leurs tumeurs réapparaître après la chirurgie. Cela suggère que 97% sont probablement guéris. “L'approche néoadjuvante est une nouvelle façon de traiter le mélanome et change la donne pour les patients de stade III atteints d'une maladie volumineuse qui s'est propagée à leurs ganglions lymphatiques, a précisé la professeure Georgina Long AO, co-directrice du Melanoma Institute Australia (MIA) et auteur principal de l’étude. Nous avons renversé la logique ‘chirurgie-puis-médicaments’. En utilisant notre arsenal de nouveaux traitements révolutionnaires avant l'ablation chirurgicale des tumeurs, cette approche s'avère efficace pour arrêter le mélanome dans son élan et prévenir sa récidive et propagation à des organes éloignés.” 

Les données de l'étude suggèrent que l'immunothérapie est plus efficace lorsqu'elle est administrée avant, plutôt qu'après la chirurgie, en raison de la présence d'une tumeur volumineuse provoquant une réponse immunitaire. “Le concept est similaire à celui des chiens renifleurs entraînés par l'exposition à des drogues illégales - s'ils savent ce qu'ils recherchent, plus ils sont efficaces pour la détection”, imagent les chercheurs. En plus d'entraîner le système immunitaire à agir plus efficacement contre le mélanome, la thérapie néo adjuvante permet également au clinicien d'évaluer tôt si un patient répond à un traitement particulier et de décider d'un plan alternatif si nécessaire. Cela peut également rendre la chirurgie moins complexe, ajoutent les chercheurs.

Une nouvelle référence

Le traitement actuel consiste à retirer chirurgicalement les tumeurs de mélanome puis à administrer une thérapie ciblée ou une immunothérapie postopératoire, appelée thérapie adjuvante. Cette approche réduit de moitié le risque de récidive du mélanome. “Cette étude montre que l'administration d'un traitement médicamenteux avant la chirurgie réduit encore davantage le risque de récidive, évite la propagation à des organes vitaux comme le cerveau et le foie et sauve davantage de vies”, estime Alex Menzies, oncologue et auteur de l’étude.

Cette étude est la première grande analyse de l'immunothérapie préopératoire de tout cancer. Les résultats, espèrent ses auteurs, devraient ouvrir la voie à l'utilisation de l'immunothérapie avant l’opération dans de nombreux autres types de cancer. “Ce marqueur précoce de la réponse d'un patient au traitement doit être considéré comme une nouvelle référence pour le développement rapide de médicaments contre le mélanome”, avance Georgina Long.

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