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Au Royaume-Uni, la crise financière de 2008 a fait baisser l’espérance de vie

Alors que l’espérance de vie à a augmenté ces dernières années dans la plupart des pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni a vu sa moyenne chuter après la crise financière de 2008. En cause, notamment, une réduction des dépenses publiques en matière de santé.

Au Royaume-Uni, la crise financière de 2008 a fait baisser l’espérance de vie eda can/iStock

  • Publié le 03.02.2021 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • En l'espace de huit ans, le Royaume-Uni a observé un fort ralentissement de l'augmentation de son espérance de vie.
  • Si ce ralentissement s'observe à compter de 2008, c'est à partie de 2011 qu'il est le plus fort, contrairement aux autres pays de l'Union européenne.
  • Pour les chercheurs, cela est à mettre en relation avec un système de santé et d'aide sociale à bout de souffle.

Indicateur important de la santé d’une population, l’espérance de vie est le reflet des différentes crises sociales et sanitaires que traversent nos sociétés. Alors qu’on mesure encore à peine les effets qu’aura la pandémie de Covid-19 sur l’espérance de vie des différents pays, une nouvelle étude de l’université de Newcastle, en Angleterre, montre que le Royaume-Uni a déjà dû essuyer une baisse importante de son espérance de vie à la naissance et de son espérance de vie à 65 ans après la crise financière de 2008. Les résultats sont publiés dans la revue The Lancet Regional Health - Europe.

Une espérance de vie qui stagne depuis 2011

Conséquence directe de la crise financière mondiale de 2008, la crise économique a durement impacté l’espérance de vie outre-Manche à partir de 2011, alors tandis que d’autres pays membres de l’Union européenne comme l'Allemagne, le Portugal et la France s’en sortent mieux.

Ainsi, en 2008, l'espérance de vie à la naissance était la plus élevée en France pour les femmes (84,8 ans) et en Suède pour les hommes (79,2 ans), tandis qu’elle était la plus faible en Lituanie et en Bulgarie (respectivement 65,9 ans pour les hommes et 77,0 ans pour les femmes).

En 2016, l'espérance de vie la plus élevée pour les hommes était enregistrée en Italie (81,0 ans) et en Espagne pour les femmes (86,3 ans). La Lituanie et la Bulgarie enregistrent à nouveau l’espérance de vie la plus faible avec une moyenne de 69,1 ans pour les hommes et 78,5 ans pour les femmes.

Le Royaume-Uni, de son côté, enregistrait en 2008 une espérance de vie à la naissance de 81,8 ans pour les femmes (17e rang européen) et de 77,7 ans pour les hommes (10e rang). En 2016, elle était de 79,4 ans pour les hommes et de 83,0 ans pour les femmes.

Si l’espérance de vie à la naissance a augmenté en l’espace de huit ans, la modélisation des chercheurs montre cependant que l’augmentation de l’espérance de vie des femmes et des hommes à 65 ans a significativement ralenti à partir de 2011. Celle-ci était ainsi de 17,6 ans pour les hommes et de 20,2 ans pour les femmes en 2008, et de 21,1 ans pour les femmes et de 18,8 ans pour les hommes.

La France, l’Allemagne et le Portugal ont connu un ralentissement similaire, bien que moindre que le Royaume-Uni. Le pays connaît aussi une diminution de son espérance de vie en bonne santé, alors que cette donnée a augmenté dans la plupart des pays membres de l’Union.

Un système de santé sous pression

Comment expliquer ce ralentissement de l’augmentation de l’espérance de vie au Royaume-Uni ? Le Dr Claire Welsh, de l'université de Newcastle, avance que la "réduction des dépenses publiques en matière de santé et de soins sociaux dans un contexte d'austérité" sont à pointer, tout comme "l’augmentation des taux de mortalité due à la grippe saisonnière combinée à des températures extrêmes plus fréquentes", la "proportion plus importante de la population dans le groupe 'sensible' des personnes âgées et fragiles", et enfin le "taux de mortalité plus élevé dans la population en âge de travailler".

"Étant donné que d'autres pays de l'UE ont déjà atteint une espérance de vie plus élevée que le Royaume-Uni, il semble peu probable que la décélération au Royaume-Uni soit due au fait que la durée de vie des êtres humains est proche de son maximum naturel. Cela suggère que notre système de santé et d'aide sociale était déjà sous pression avant même les effets de la Covid-19", analyse-t-elle.

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