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QUESTION D'ACTU

Deuxième cerveau

Des perturbations dans le microbiote en lien avec la dépression et l’humeur

Des perturbations dans la flore intestinale ont été observées chez des patients souffrant de dépression.

Des perturbations dans le microbiote en lien avec la dépression et l’humeur ChrisChrisW/iStock

  • Publié le 19.12.2020 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Une modification du microbiote intestinal induite par un stress chronique peut conduire à des comportements de type dépressif.
  • L'absence d'endocannabinoïdes dans l'hippocampe, une région clé du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et des émotions, entraînent des comportements dépressifs.
  • Un traitement oral permet de rétablir des niveaux normaux de dérivés lipidiques, atténuant les comportements dépressifs.

Notre intestin est le deuxième cerveau. Les récentes découvertes sur le rôle de l’intestin montre son influence directe sur l’activité cérébrale et l’humeur. Une nouvelle étude réalisée par des chercheurs français de l'Institut Pasteur, de l'Inserm et du CNRS le confirme. Celle-ci affirme que chez les personnes souffrant de dépression, ils ont observé qu'un déséquilibre du microbiote peut entraîner une diminution de certains métabolites, entraînant des comportements dépressifs. Ces résultats, qui montrent qu'un microbiote intestinal sain contribue au fonctionnement normal du cerveau, ont été publiés dans la revue Nature Communications le 11 décembre 2020. 

Les endocannabinoïdes en jeu

La population bactérienne de l'intestin, connue sous le nom de microbiote intestinal, est le plus grand réservoir de bactéries de l’organisme. Des observations récentes ont également révélé un lien entre les troubles de l'humeur et les dommages au microbiote intestinal. Dans une précédente étude, un consortium de scientifiques de l'Institut Pasteur, du CNRS et de l'Inserm avaient déjà identifié une corrélation entre le microbiote intestinal et l'efficacité de la fluoxétine, molécule fréquemment utilisée comme antidépresseur.

Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont découvert qu'une modification du microbiote intestinal induite par un stress chronique peut conduire à des comportements de type dépressif. Cela se produit notamment par une réduction des métabolites lipidiques dans le sang et le cerveau. Ces métabolites lipidiques, appelés cannabinoïdes endogènes ou endocannabinoïdes, coordonnent un système de communication dans le corps qui est entravé par la réduction des métabolites, expliquant que le microbiote intestinal joue un rôle dans la fonction cérébrale et la régulation de l'humeur.

Une méthode de traitement prometteuse

Les scientifiques ont découvert que l'absence d'endocannabinoïdes dans l'hippocampe, une région clé du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et des émotions, entraînent des comportements dépressifs. Les endocannabinoïdes se lient aux récepteurs qui sont également la cible principale du THC, le composant actif le plus connu du cannabis. Ces résultats ont été obtenu en étudiant les microbiotes d'animaux sains et d'animaux, en l’occurrence des souris, souffrant de troubles de l'humeur. “De manière surprenante, il suffit de transférer le microbiote d'un animal souffrant de troubles de l'humeur à un animal en une bonne santé suffit à provoquer des changements biochimiques et à conférer à ces derniers des comportements dépressifs”, poursuit Pierre-Marie Lledo, chef de l'Unité Perception et Mémoire à l'Institut Pasteur (CNRS / Institut Pasteur) et co-auteur de l'étude.

Les scientifiques ont également identifié certaines espèces bactériennes qui sont considérablement réduites chez les animaux souffrant de troubles de l'humeur. Ils ont démontré qu'un traitement oral avec les mêmes bactéries permet de rétablir des niveaux normaux de dérivés lipidiques, atténuant les comportements dépressifs. Ces bactéries pourraient servir d'antidépresseur et sont connus sous le nom de psychobiotiques.

Cette découverte montre le rôle joué par le microbiote intestinal dans le fonctionnement normal du cerveau”, poursuit Gérard Eberl, chef de l'unité Microenvironnement et Immunité (Institut Pasteur / Inserm) et co- auteur de l'étude. S'il y a un déséquilibre dans la communauté bactérienne intestinale, certains lipides vitaux pour le fonctionnement cérébral disparaissent, favorisant l'émergence de comportements dépressifs. Dans ce cas particulier, l'utilisation de bactéries spécifiques pourrait être une méthode prometteuse pour restaurer un microbiote sain et traiter plus efficacement les troubles de l'humeur.”

Retrouvez ci-dessous l'émission "Questions aux Experts" sur le thème: "Les intestins, notre deuxième cerveau":





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