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Démence

Alzheimer : la maladie se déclenche plus tôt qu’on ne le pense

La réaction en chaîne dans notre organisme qui conduit au développement d’Alzheimer démarre beaucoup plus tôt qu’on le pense par de minuscules graines d'agrégation invisibles. Un anticorps, déjà identifié, capable de mettre fin au processus dès le début pourrait empêcher la maladie de se développer.

Alzheimer : la maladie se déclenche plus tôt qu’on ne le pense KatarzynaBialasiewicz/iStock

  • Publié le 18.11.2020 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • De minuscules graines d'agrégation invisibles déclencheraient la réaction en chaîne à l'origine de la maladie.
  • Les chercheurs ont déjà identifié un anticorps capable de reconnaître et éventuellement d'éliminer ces germes précoces d'agrégation : l'aducanumab.

Alzheimer se développe au fil des années et résulte d’une réaction en chaîne qui peut être fatale pour le malade. Pendant cette réaction, des masses de protéines bêta-amyloïdes mal repliées sont produites et inondent le cerveau. L’origine de cette réaction serait bien plus précoce que ce qu’on imagine, suggèrent des chercheurs allemands de de l'Institut Hertie pour la recherche clinique sur le cerveau (HIH) et du Centre pour les maladies neurodégénératives (DZNE). Leurs travaux, publiés le 16 novembre dans la revue Nature neuroscience, avancent que tout débute par de minuscules graines d'agrégation invisibles.

L'aducanumab, l’anticorps qui réduirait la démence

Leurs résultats révèlent qu’il existe une phase encore plus prématurée que celle qui concerne le dépôt de protéines dans le cerveau où aucun symptôme de démence n’est à déplorer. Encore plus en amont, de minuscules graines d'agrégation invisibles déclencheraient la réaction en chaîne. Si celles-ci sont connues des spécialistes de la maladie, personne ne sait vraiment à quoi elles ressemblent. Les chercheurs ont mené leur étude sur des souris mais ils estiment que la même chose se produit chez l’homme.

Cette découverte suggère que le traitement de cette pathologie, qui doit commencer avant le déclin de la mémoire pour fonctionner, doit commencer encore plus tôt qu’actuellement pour augmenter son efficacité. Les chercheurs ont déjà identifié un anticorps capable de reconnaître et éventuellement d'éliminer ces germes précoces d'agrégation, qui échappent actuellement à la détection biochimique : l'aducanumab. Cet anticorps, utilisé pendant seulement 5 jours chez les souris transgéniques, a permis, plus tard dans leur vie, de réduire de moitié la quantité habituelle de dépôt de protéines dans leur cerveau. “Ce traitement aigu par anticorps élimine évidemment les graines d'agrégation, et la génération de nouvelles graines prend un certain temps, de sorte que beaucoup moins de dépôts se forment dans les semaines et les mois suivant le traitement, se félicité Mathias Jucker, auteur principal de l’étude. Les souris n'avaient que la moitié des lésions cérébrales six mois après ce traitement aigu.”

Comprendre le déclenchement de la réaction en chaîne

Nos résultats suggèrent que nous devons nous concentrer davantage sur cette phase très précoce de la maladie d'Alzheimer et rechercher des biomarqueurs. Nous avons également besoin de plus d'anticorps qui reconnaissent différents types de graines d'agrégation et nous aident à comprendre comment ils déclenchent la réaction en chaîne comment ils peuvent être utilisés pour la thérapie”, a conclu Mathias Jucker.


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