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QUESTION D'ACTU

Médecine régénérative

Recherche sur l'embryon : feu vert du Conseil constitutionnel

Les Sages ont validé la loi créant un nouveau régime d'autorisation encadrée de la recherche sur les cellules souches. La France met un terme final à son régime d'interdiction avec dérogations. 

Recherche sur l'embryon : feu vert du Conseil constitutionnel DURAND FLORENCE/SIPAU




Le Conseil constitutionnel a dit « oui », oui  au nouveau régime d'autorisation encadrée de la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Les Sages ont en effet validé hier la proposition de loi des radicaux de gauche définitivement adoptée par le Parlement le 16 juillet, après plusieurs jours d'un débat intense et houleux. La saisine des 78 députés UMP qui avaient déposé un recours devant le Conseil contre ce texte a donc échoué. Mais alors, que faut-il attendre de cette recherche sur les cellules souches désormais en liberté surveillée ?

Les cellules souches embryonnaires pourraient à l’avenir réparer le tissu endommagé du cœur, permettre des greffes de peau chez les grands brûlés, ou encore améliorer les techniques de procréation médicalement assistée.
Pour le moment, c’est en ophtalmologie que les avancées les plus prometteuses ont été enregistrées. Deux patientes américaines malvoyantes atteintes de dégénérescence maculaire, ont subi un traitement expérimental à partir de cellules souches embryonnaires, elles auraient amélioré leur vue. 
« Dans mon quotidien, cela ne changera rien, prévenait au mois de mars dernier le Pr Philippe Ménasché, chirurgien cardiaque à l’hôpital européen Georges Pompidou (Paris). Nous travaillons depuis huit ans déjà sur les cellules souches embryonnaires. » Pourtant, comme bon nombre de ses confrères, Philippe Ménasché attendait cette loi avec impatience depuis plus de dix ans. Pour ces scientifiques, autoriser ces recherches, c’est reconnaître l’importance des travaux qui sont menés. 

 

Car, en France, la recherche sur ces cellules souches étaient jusqu'à présent interdite mais des dérogations exceptionnelles étaient possibles. La loi à présent adoptée met fin à cette interdiction de principe. Le nouveau régime d'autorisation reste toutefois très encadré.
Pour être accepté par Agence de biomédecine, le projet doit être scientifiquement pertinent, avoir une finalité médicale, ne pouvoir être conduit qu'avec des embryons humains et respecter des garanties éthiques. Sur ce dernier point, le texte précise que cette recherche ne pourra être menée « qu'à partir d'embryons conçus in vitro dans le cadre d'une assistance médicale à la procréation et qui ne font plus l'objet d'un projet parental ». Alors, grande avancée pour certains, déception pour les autres, était-il au final bien utile de changer la loi ?  
Pour les chercheurs qui souhaitent entreprendre des recherches la réponse est « oui ». L’interdiction n’encourageait il est vrai pas les directeurs d’hôpitaux à débloquer des investissements, ni les industriels à développer des partenariats avec les unités de recherche car ils avaient peur de se retrouver avec des procédures juridiques sur les bras. « Dans la mesure où les opposants à ces recherches en sont déjà à 11 procès contre l’Agence de biomédecine, je les comprends un peu » regrettait le Pr Peschanski, directeur scientifique de l’I-Stem au Genopole d’Evry, un des premiers chercheurs à avoir travaillé sur ces cellules. Avec la validation par le Conseil constitutionnel de cette loi, les partisans des cellules souches voient sans doute la fin d'un parcours du combattant pour mener à bien leurs recherches.

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