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Alcool

Avoir un parent alcoolique affecte le cerveau

L’alcoolisme n’affecte pas uniquement le cerveau de celui qui boit mais aussi de ses progénitures. Celles-ci vont développer les mêmes mécanismes qui amènent à la dépendance.

Avoir un parent alcoolique affecte le cerveau ronstik/iStock

  • Publié le 11.02.2020 à 18h00
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Subir les méfaits de l’alcoolisme sans avoir touché une goutte d’alcool. Une nouvelle étude américaine suggère que le simple fait d'avoir un parent atteint d'un trouble de consommation d'alcool affecte la façon dont votre cerveau passe d'un état actif à un état de repos. Leurs résultats ont été publiés dans la revue NeuroImage.

Le cerveau se reconfigure comme un ordinateur

Les chercheurs ont découvert que le cerveau se reconfigure entre l’exécution de différentes tâches, notamment entre l’accomplissement d’une tâche exigeante mentalement et le repos. Cette reconfiguration est semblable à celle d’un ordinateur. “Au moment où vous fermez un programme, un ordinateur doit le supprimer de la mémoire, réorganiser le cache et peut-être vider certains fichiers temporaires, analyse Joaquín Goñi qui a participé à l’étude. Cela aide l'ordinateur à se préparer pour la prochaine tâche.”

Cette analogie de l’ordinateur, on ne la retrouve pas chez les personnes ayant des antécédents familiaux de trouble de consommation d'alcool. Les chercheurs ont observé que cette reconfiguration ne se produit pas dans leur cerveau. Bien que cette absence de transition entre deux tâches ne semble pas affecter la façon dont une personne exécute elle-même la tâche exigeante mentalement, elle pourrait être donner lieu à des comportements associés à la dépendance. En particulier, les sujets d'étude sans ce processus cérébral ont montré une plus grande impatience dans l'attente des récompenses, qui est un comportement associé à la dépendance.

Pas de reconfiguration chez les enfants de personnes alcooliques

Pour mener leur étude, les chercheurs ont analysé le cerveau de 54 participants, dont la moitié avait un parent atteint d'un trouble de consommation d’alcool. Ils ont mesuré leur activité cérébrale alors qu'ils accomplissaient une tâche mentalement exigeante sur un ordinateur — ils devaient se retenir de façon imprévisible d'appuyer sur une touche gauche ou droite — puis lorsqu’ils se reposaient en regardant un point fixe sur l’écran. Les chercheurs ont également observé, sans mesure de l’activité cérébrale, la manière dont les participants ont répondu aux récompenses, en posant des questions telles que s'ils souhaitaient avoir 20$ maintenant ou 200$ dans un an.

Les chercheurs ont observé dans les résultats les différents modèles de connectivité cérébrale entre l'achèvement de la tâche mentalement exigeante et l'entrée dans l'état de repos. Les données des personnes sans antécédent d’alcoolisme familiale ont révélé que ces modèles de connectivité cérébrale se sont reconfigurés dans les trois premières minutes après avoir terminé la tâche dans un processus impliquant plusieurs parties du cerveau, avant de disparaître au cours de la quatrième minutes de repos. “Ces régions cérébrales se parlent et sont très fortement impliquées dans la tâche, même si à ce stade, la tâche est déjà terminée. Cela semble presque comme un écho dans le temps de ce qui s'est passé”, a observé David Kareken, chercheur qui a participé à l’étude.

Pour les personnes aux antécédents familiaux d’alcoolisme, l’absence de reconfiguration du cerveau s’ajoute à d’autres facteurs de risque compatibles avec le développement d’un comportement de dépendance, comme l’alcoolisme. La dépression et l’impatience de récompense figurent au premier plan de ces facteurs. “Dans le passé, nous avons supposé qu'une personne qui ne boit pas excessivement est un contrôle sain pour une étude. Cependant, ce travail montre qu'une personne avec juste des antécédents familiaux d'alcoolisme peut également avoir des différences subtiles dans la façon dont leur cerveau fonctionne”, conclut Joaquín Goñi.

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