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QUESTION D'ACTU

Complications post-partum

Le tamponnement intra-utérin par ballonnet serait efficace pour prévenir les hémorragies après l’accouchement

Disponible depuis le début des années 1980 aux Etats-Unis, cette technique se révèle efficace pour prévenir la mortalité maternelle. 

Le tamponnement intra-utérin par ballonnet serait efficace pour prévenir les hémorragies après l’accouchement Dalhousie University/YouTube

  • Publié le 02.02.2020 à 14h00
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Donner la vie n’implique pas que des moments heureux. Chaque jour, plus de 800 femmes dans le monde meurent d'une hémorragie liée à l’accouchement. Pourtant, aux Etats-Unis, une technique existe depuis le début des années 1980 pour atténuer cette condition évitable: la tamponnade utérine à ballonnet. Le tamponnement intra-utérin par ballonnet consiste à insérer un préservatif relié à un cathéter dans l’utérus, afin de stopper l’hémorragie. Le préservatif est rempli d’eau jusqu’à ce qu’il touche complètement la paroi utérine. Grâce à cette méthode, il est possible de faire une compression interne de l’utérus, ce qui stoppe progressivement l’hémorragie. Selon l'Organisation mondiale de la santé, les hémorragies post-partum représentent 27% des mortalités maternelles. 

Deux études antérieures, publiées en 2013 et 2019, avaient remis en doute l'efficacité du tamponnement par ballonnet. Cependant, les dernières recherches publiées dans l’American Journal of Obstetrics & Gynecology confirment l’efficacité de la méthode. 

Le service des urgences du Massachusetts General Hospital (Etats-Unis), qui pratique cette méthode depuis le début des années 1980, affirme que le tamponnement intra-utérin à ballonnet est 86% plus efficace pour prévenir les décès dans de tels cas. 

Une technique peu coûteuse et réalisable par tous les hôpitaux

Il existe déjà des méthodes pour arrêter ces saignements abondants, telles que l’hystérectomie d’urgence, ou la ligaturation de l’artère utérine, cependant, le haut niveau de technicité qu’elles requiert ne les place pas à la portée de tous les hôpitaux dans le monde. C’est dans l’optique d’offrir une technique fiable et peu coûteuse que les tests pour le tamponnement intra-utérin par ballonnet ont été menés. 

Dans cette nouvelle étude, le chercheur Thomas Burke, directeur du Global Health Innovation Lab au service des urgences du Massachusetts General Hospital, affirme que le tamponnement, qui est une solution de rechange simple et peu coûteuse, pourrait être plus efficace dans de tels cas. “La raison pour laquelle nous entreprenons cette étude est que ces deux essais précédents ont causé beaucoup de confusion et de controverse au sujet du tamponnent intra-utérin par ballonnet. Nous avons donc décidé d'adopter une approche extrêmement rigoureuse, en réunissant toute la littérature mondiale sur cette technique et en invitant des chercheurs indépendants à s'y joindre. C'était un projet de grande envergure.”

Au cours de l'étude, les chercheurs ont effectué une revue systématique et une méta-analyse de 91 essais contrôlés randomisés, d'études non-randomisées et de séries de cas, et ont constaté que le tamponnement intra-utérin par ballonnet était efficace dans 85,9 % des cas. 

Sauver des vies humaines

Thomas Burke décrypte ce résultat : “Ce que cela nous apprend vraiment, c'est que les difficultés rencontrées dans ces deux essais portaient sur la mise en œuvre du programme, et non sur le dispositif en lui-même. Maintenant, il ne fait aucun doute que le dispositif fonctionne bien, mais sauver une vie est beaucoup plus complexe que de simplement remettre à quelqu'un un appareil qui est nouveau dans sa pratique. Nous devons étudier comment intégrer cet appareil dans un système de santé, afin que les professionnels puissent l’utiliser, ce qui se traduirait au final par des soins de qualité.”

Dans l'étude, il a également été constaté que dans la région du monde où le tamponnement intra-utérin par ballonnet était utilisée, la mortalité maternelle avait diminué de façon significative. “Elle a sauvé de nombreuses vies, mais il y a encore des endroits où une femme sur six perd la vie pour des raisons liées à la grossesse et en 2020, cela ne devrait jamais être le cas. C'est une honte pour l’humanité”, conclut Thomas Burke. 

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