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QUESTION D'ACTU

Diabète

Les diabétiques répondent à la sécu

30 000 diabétiques ont adhéré au programme d'accompagnement lancé par l'assurance-maladie. L'enjeu est double : améliorer la qualité de vie des patients et réduire les coûts dûs aux complications.


  • Publié 14.11.2008 à 00h00
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Bernard, 50 ans, vient d'être diagnostiqué diabétique de type 2. Son médecin traitant lui prescrit les examens de suivi recommandés. « Mais Bernard n'a pas compris l'importance de faire un fond d'oeil, explique le Pr Hubert Allemand, médecin conseil, et président du comité scientifique du programme d'accompagnement des patients diabétiques, Sophia, lancé par l'assurance-maladie en mars dernier. Sa vue est excellente. Il ne prend pas de rendez-vous avec son ophtalmologue ». C'est là qu'intervient le conseiller santé de Sophia. Par téléphone, il fera le point avec Bernard, lui rappelera que le diabète peut entraîner une lésion des vaisseaux sanguins de la rétine. 
Une cinquantaine de conseillers santé, des infirmières spécifiquement formées, coachent les patients volontaires. Alimentation, activité physique, suivi des examens complémentaires, ces infirmières aident le patient à atteindre les objectifs fixés. Installées dans deux CPAM, à Nice et Albi, elles couvrent les dix départements pilotes (1) du programme Sophia. « Notre objectif est d'améliorer l'état de santé des personnes diabétiques et de diminuer la fréquence des complications », rappelle le Pr Allemand.
Les complications du diabète entraînent déjà 12 000 amputations du pied par an, ainsi que de nombreuses dialyses. Les diabétiques représentent 30 % des 7000 nouveaux dialysés. Le régime général rembourse globalement chaque année près de 9 milliards d'euros de soins et de traitements aux 80 % de patients diabétiques admis au régime des affections longue durée (ALD). En moyenne, la facture s'élève à 5910 euros par malade et par an (en 2004). Ces remboursements vont encore augmenter. L'Institut national de veille sanitaire (InVS) a constaté que 2,5 millions de personnes (presque 4 % de la population) sont traitées pour le diabète en 2007, soit une augmentation de 5,7 % par rapport à 2006. Ces chiffres expliquent la motivation de l'assurance-maladie à proposer aux diabétiques de type I ou II en ALD (âgés de plus de 18 ans) un accompagnement.

« Les patients ont adhéré par le biais des CPAM avec l'accord des médecins traitants, rappelle Frédéric Van Roekeghem, le directeur de la CNAM. Nous souhaitons avoir 130 000 patients ». A ce jour, 30 000 personnes ont donné leur consentement. Mais le suivi téléphonique personnalisé n'est possible que si les 6200 médecins traitants concernés renvoient le questionnaire d'évaluation. Les CPAM en ont reçu 3300, soit 11 % des patients. « Ce questionnaire, réactualisé tous les ans par le praticien, détermine le niveau de gravité du diabète, explique le Dr Monique Olocco-Porterat, diabétologue et présidente de l'Association nationale de coordination des réseaux diabète (ANCRED). Il a été élaboré avec le concours de l'Association pour l'étude du diabète (ALFEDIAM). « Nous avons apporté notre expertise scientifique, témoigne le Pr Serge Halimi, chef du service de diabétologie au CHU de Grenoble et président de l'ALFEDIAM. Il vaut mieux que ce type de programme se fasse avec nous que sans. »

(1) Les départements pilotes sont : Seine-Saint-Denis, Sarthe, Loiret, Puy-de Dôme, Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn.



Questions à Pr Serge Halimi,
diabétologue au CHU de Grenoble, président d'ALFEDIAM
 

Ce n'est pas de l'éducation thérapeutique
 


Le programme Sophia s'adresse-t-il à tous les diabétiques ?

Pr Serge Halimi. Il faut se méfier du risque de dérapage si on intègre dans ce programme des diabétiques complexes, comme les patients qui ont plusieurs injections d'insuline par jour. Nous avons convenu avec l'assurance-maladie de rappeler aux diabétiques de type I et II en multi-injections qui pourraient être intéressés par Sophia d'aller avant tout consulter leur diabétologue. J'espère que les CPAM n'intègreront pas ces patients. Selon moi, le programme s'adresse avant tout à des patients de type II débutants, ce qui est déjà énorme.

 
Le suivi téléphonique, est-il vraiment bénéfique ?
Pr S. H. Des travaux américains ont montré qu'il y a un certain bénéfice. Mais il faut rappeler qu'aux Etats-Unis, ce type d'expérience a été mené par des équipes assez proches des patients. Avec Sophia, le programme est très large. On peut aussi s'interroger sur le rapport coût/ efficacité. Le programme est évalué à 20 millions d'euros pour 130 000 patients. Une chose est sûre Sophia, n'est pas de l'éducation thérapeutique.
Entretien réalisé par MG

 

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