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Recommandations alimentaires

Nutrition : la plupart des femmes enceintes ne s'alimentent pas comme il le faudrait

De nombreuses femmes enceintes ne répondent pas aux recommandations nutritionnelles des autorités sanitaires. Selon une récente méta-analyse, la plupart d'entre elles auraient des niveaux trop bas en fer et en calcium et près de la moitié d'entre elles présenteraient des apports en matière grasse trop importants. 

Nutrition : la plupart des femmes enceintes ne s'alimentent pas comme il le faudrait SHansche/iStock

  • Publié le 05.12.2019 à 09h00
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“Dès le début de votre grossesse, adoptez une alimentation équilibrée et sans alcool. Certains aliments sont à privilégier, car ils apportent des vitamines et nutriments indispensables à votre bébé : folates ou vitamine B9 en début de grossesse, puis calcium, vitamine D, fer, sucres lents…”, écrit l’Assurance maladie sur son site. Pourtant, de nombreuses femmes enceintes ne répondent pas aux recommandations nutritionnelles des autorités sanitaires, alerte une étude internationale parue le 2 décembre dans la revue Maternal & Child Nutrition.

En analysant 18 études internationales sur les habitudes alimentaires des femmes enceintes ou qui essayaient d’avoir un bébé, les chercheurs ont constaté que la plupart d’entre elles avaient des niveaux trop bas en fer et en calcium et que 55% d’entre elles dépassaient les recommandations en matière d’apport en matières grasses. Toutefois, plus les femmes enceintes étaient éduquées, plus elles avaient tendance à suivre les recommandations alimentaires en vigueur, ont noté les scientifiques. Etre plus âgée ou ne pas fumer était également un facteur de meilleure observance des conseils sanitaires. Et ce, autant chez les femmes enceintes que chez celles qui essayaient d’avoir un enfant.

“La relation entre une alimentation saine et les résultats de l'accouchement est bien établie, mais nos recherches suggèrent que les femmes ne suivent peut-être pas les lignes directrices élaborées pour les aider à bien manger, en grande partie parce qu'elles ne les connaissent pas au départ”, explique Cherie Caut, chercheuse au Endeavour College of Natural Health, en Australie.

L’importance du fer et du calcium

Or, ces résultats inquiétants pourraient avoir des conséquences négatives pour la grossesse de la santé de la progéniture. “Un apport adéquat en fer pendant la grossesse est important pour prévenir les effets indésirables de la grossesse et de l'accouchement, comme l'anémie maternelle, l'insuffisance pondérale à la naissance et les naissances prématurées”, rappellent les chercheurs. Par ailleurs, “maintenir un apport adéquat en calcium alimentaire pendant la grossesse est également important car il peut aider à réduire le risque de pré-éclampsie [hypertension artérielle associée à une présence excessive de protéines dans les urines après 20 semaines de grossesse, NDLR].”

Enfin, “la constatation selon laquelle l'apport total en lipides alimentaires a dépassé les recommandations [c’est-à-dire 30 % de l'énergie totale] est toujours cliniquement significative étant donné que cela pourrait contribuer à un gain de poids malsain chez la mère”. Or, “les conséquences de cette prise de poids pour la mère et le nourrisson peuvent être considérable, l'obésité maternelle étant associée à un risque accru de pré-éclampsie, de diabète gestationnel, de macrosomie, d'anomalies congénitales, de mortinatalité, de faible poids à la naissance et de mortalité maternelle”, alertent les auteurs de l’étude.  

Cette dernière a toutefois quelques limites, concèdent-ils, notamment concernant les apports alimentaires des hommes pendant la conception. Des recherches supplémentaires sur le sujet sont donc nécessaires.

Promouvoir les liens entre l’alimentation saine et une grossesse saine  

“La communauté a besoin d'une meilleure information sur l'alimentation saine afin de s'attaquer à ce problème. Promouvoir les liens entre l'alimentation et une grossesse et un accouchement sains, et accroître le soutien aux professionnels de la santé, peut aider à mieux informer les femmes et leurs partenaires sur l'importance des choix alimentaires sur le succès de la grossesse”, concluent les chercheurs. 

En France, les autorités sanitaires recommandent aux femmes enceintes de privilégier l’acide folique, “essentielle à la croissance du bébé”. “Les apports nécessaires en folates peuvent être fournis par l'alimentation quotidienne dans les fruits et légumes frais ou en conserve ou surgelés (épinards, cresson, mâche, melon, noix, pois chiches, châtaignes, pissenlit, levure), mais sont souvent insuffisants. Votre médecin ou votre sage-femme vous prescrira un complément en vitamine B9 si possible avant la conception (au moins 4 semaines avant) et jusqu'à 12 semaines d'aménorrhée”, est-il indiqué sur Ameli.fr.

Si vous allez avoir un bébé, mangez des produits laitiers (sauf ceux au lait cru) au moins trois fois par jour pour un apport suffisant en calcium, “essentiel pour la construction du squelette du bébé”. Le fer, indispensable pour éviter les anémies en fin de grossesse, est quant à lui présent dans les légumes secs, le poisson, la viande (à consommer bien cuits). Enfin, “les glucides sont source d'énergie et constituent l'essentiel de l'alimentation du fœtus”, note l’Assurance maladie sur son site. Privilégiez les sucres lents (féculents, céréales, pain, légumes secs) et intégrez-les à vos trois repas journaliers.

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