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Déontologie

Consentement éclairé : les patients ne comprennent pas ou ne se souviennent pas des informations qui leur sont données

Selon une étude de la Société européenne de Cardiologie sur le consentement éclairé, 4 patients sur 10 ne comprennent pas les informations qui leur ont été données avant une intervention cardiaque, ou ne s’en souviennent pas.

Consentement éclairé : les patients ne comprennent pas ou ne se souviennent pas des informations qui leur sont données monkeybusinessimages/iStock

  • Publié 02.12.2019 à 09h00
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Pilier de la relation entre médecin et patient, le consentement éclairé est tout autant une exigence légale et éthique qu’un rapport de confiance fondé sur l’information. Il consiste à fournir au malade les détails sur une procédure ou une intervention chirurgicale, y compris les risques qu’il encourt.

Défini en France par l’article 70 de la loi 99-641 du 27 juillet 1999, le consentement doit, selon le Code civil, "être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n'est pas à même de consentir". Cela signifie aussi qu’un patient doit recevoir en amont le maximum d’information sur ses options pour faire un choix valable, sans être contraint.

Pourtant, si le consentement éclairé est défini par la loi, il n’est pas toujours appliqué. C’est ce que montre une étude menée par la Société européenne de Cardiologie et publiée dans le European Journal of Cardiovascular Nursing. Selon ses auteurs, 40% des patients interrogés ont admis qu’ils ne comprenaient pas ou ne se souvenaient pas des informations qu'ils recevaient sur l'intervention coronarienne percutanée (ICP).

Une mauvaise compréhension de la procédure et de ses effets

Aussi connue sous le nom d’angioplastie coronaire, l’intervention coronarienne percutanée est devenue ces dernières années l'intervention la plus courante dans les pays à revenu élevé et moyen. Elle consiste à traiter, sous anesthésie locale, traiter une artère coronaire rétrécie en la dilatant au moyen d'une sonde munie d'un ballon gonflable à son extrémité.

Si l’ICP améliore bien la circulation du sang, réduit les douleurs thoraciques d’origine et développe donc le bien être du patient, elle n’est pour autant pas une solution miracle pour traiter les coronaropathies. Mais les patients ne semblent pas le savoir : environ 60% d’entre eux pensent ainsi que l’intervention les guérirait de leur coronaropathie.

En outre, 95% des patients ayant participé à l’étude croyaient que cela réduirait leur risque d'une future crise cardiaque et 91 % pensaient que cela augmenterait leur espérance de vie.

"Ces croyances ne concordent pas avec les données probantes de l'essai clinique, qui montrent que l'ICP élective est principalement destinée à soulager les symptômes", a explique Felicity Astin, professeure et auteure de l'étude à l'Université de Huddersfield, au Royaume-Uni.

Laisser plus de temps aux professionnels de santé pour expliquer les procédures

Pour la Pre Astin, ces résultats montrent que les services de santé devraient être reconfigurés pour laisser suffisamment de temps aux patients et aux cliniciens pour discuter du traitement proposé et des alternatives potentielles. "Les patients reçoivent souvent toute l'information en même temps. Ils se sentent alors surchargés, ce qui contribue à oublier ou à ne pas comprendre ce qu'ils entendent."

Près de la moitié (47 %) des patients interrogés auraient par exemple aimé qu'un membre de leur famille les accompagne lorsque leur traitement leur a été expliqué pendant le processus de consentement éclairé. Et 31% déclarent qu’ils auraient eu besoin d'un certain degré d'aide pour comprendre l'information écrite sur la santé.

Repenser la façon dont est donnée l'information

Des pistes sont à l’étude pour améliorer la compréhension des patients. D’abord la rédaction de dépliants "dans un langage clair et simple". "De plus, les cliniciens devraient demander aux patients s'ils ont besoin d'aide pour lire ou comprendre l'information sur la santé. Les patients ne se porteront pas volontaires s'ils ne savent pas lire."

La spécialiste recommande également aux cardiologues et aux infirmières de se former à l’utilisation du "teach back". Cette méthode consiste à donner l’information par "morceaux" aux patients puis de demander à ces derniers de les expliquer avec leurs propres mots pour voir s’ils ont bien compris. "L'accent est mis sur le fait d'être un bon enseignant, et non sur le fait de tester le patient et de lui faire honte. Mais le personnel ne peut le faire que s'il en a le temps - c'est pourquoi les parcours des patients doivent être configurés", conclut-elle.

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