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QUESTION D'ACTU

Cancer du sein et tests génomiques

Pr Henri Pujol : "Dire en toute sécurité quelles femmes peuvent ne pas avoir besoin de chimiothérapie"

Le professeur Henri Pujol explique comment la signature génomique peut permettre de limiter les chimiothérapies inutiles dans le traitement du cancer du sein.

Pr Henri Pujol : \ KatarzynaBialasiewicz/iStock

  • Publié 16.10.2019 à 19h30
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Le traitement du cancer du sein en France permet, selon les chiffres de l'Institut National du Cancer, d'obtenir un taux de rémission de 86% à cinq ans. Et l'un des objectifs prioritaires dans la prise en charge des patientes est de limiter l'usage de la chimiothérapie. "Elle est importante pour traiter un petit groupe de femmes souffrant de cancer du sein mais n'apporte pas de bénéfice pour beaucoup d'autres", souligne le professeur Henri Pujol, professeur honoraire de médecine à l'université de Montpellier. Les signatures génomiques sont une des clés pour réaliser les bons choix thérapeutiques permettant de limiter le recours à la chimiothérapie.

Un prélèvement de cellules tumorales

De quoi s'agit-il ? L'analyse de tous les gènes contenus dans le génome permet d'identifier les gènes qui ne vont s'exprimer que dans les tumeurs de patients appartenant à un groupe donné et pas dans les tumeurs des patients d'un autre groupe. Ce petit nombre de gènes sert de signature - d'où le nom de signature génomique- d'un état montrant qu'il y a ou qu'il n'y a pas une bonne réponse à un traitement. Ainsi, lorsqu'un diagnostic de cancer du sein est posé pour un patiente, un prélèvement des cellules tumorales permet de dire si oui ou non il faut lui prescrire ce traitement.

"Ces signatures génomiques permettent d'aller vers une médecine de précision capable de discerner les sous-groupes de femmes qui ne bénéficient pas de la chimiothérapie", explique le professeur Pujol.

"Des informations soit pronostiques soit prédictives"

"Aujourd'hui, dans la boîte à outils dont nous disposons pour prendre une décision, il y a la taille de la tumeur, l'envahissement ganglionnaire, la précision par le pathologiste du grade et de la prolifération, mais c'est encore insuffisant, poursuit Henri Pujol. Il reste une zone d'ombre dans laquelle se situent des patientes pour lesquelles le risque est moyen et où nous avons besoin d'éléments complémentaires. Les signatures génomiques donnent ces informations, soit pronostiques, soir prédictives sur l'utilité ou non d'un traitement complémentaire".

Actuellement, plusieurs de ces signatures sont disponibles et accessibles aux patients sous certaines conditions. "Toutes ces signatures ne sont pas équivalentes mais deux ont fait la preuve de leur utilité pronostique et une autre a la puissance suffisante pour dire que dans certains cas la chimiothérapie n'est pas profitable", précise le Professeur Henri Pujol.

Alors que la chimiothérapie n'apporte aucun bénéfice dans de nombreux cas de cancer du sein mais que ses effets secondaires très dangereux sont, eux, toujours présents, le Professeur Pujol explique qu'il est "très important, même si cela ne concerne qu'une toute petite partie des femmes, de pouvoir dire lesquelles, en toute sécurité, peuvent ne pas avoir de chimiothérapie".

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