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Accidents aux intersections : ce n'est pas la vue qui est en cause mais la mémoire !

Lorsqu'un conducteur coupe la route à un autre véhicule à une intersection, ce n'est pas parce qu'il ne l'a pas vu mais parce qu'il a oublié la présence de ce dernier ! C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'université de Nottingham, en Angleterre.

Accidents aux intersections : ce n'est pas la vue qui est en cause mais la mémoire ! evgeny_pylayev/iStock

  • Publié 25.09.2019 à 13h30
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En partant du constat que les "motocyclistes sont impliqués dans un nombre particulièrement élevé d'accidents par rapport à la distance qu'ils parcourent", quatre psychologues de l'université de Nottingham, en Angleterre, ont cherché à comprendre les erreurs qui induisent les accidents qui ont lieu à l'intersection de deux routes. Car, d'après leur étude, publiée dans la revue américaine PLOS One, le fait qu'un automobiliste coupe la trajectoire d'un motocycle est l'un des accidents les plus communs. Et ces collisions sont malheureusement souvent mortelles. 

Précédemment identifié comme étant le résultat de défaillances de l'attention visuelle, ce type de situation – parfois appelée "accident Regarder mais ne pas réussir à voir" ("Look But Fail To See crash" en anglais) – est à l'origine d'interventions et d'actions pour améliorer le balayage visuel des automobilistes, ainsi que la visibilité des motocycles.

Un échec à signaler les motocycles à l'approche dans 13% à 18% des cas

À partir d'une série de trois expériences – "comportement du conducteur et rappel aux intersections", "échec à signaler des véhicules en s'insérant à une intersection" et "échec à signaler des véhicules avec un casque équipé d'un système d'eye-tracking" – réalisées dans un simulateur de conduite haute-fidélité, les chercheurs ont testé l'attention visuelle et la mémoire de conducteurs. Résultat : 13% à 18% d'entre eux ne parvenaient pas à signaler les motocycles à l'approche.

"Dans certains cas, il y a une absence complète de mémoire" 

"Les interprétations classiques des accidents 'Regarder mais ne pas réussir à voir' sont basées sur l'idée selon laquelle le conducteur s'insérant a échoué à porter une attention suffisante au trafic routier, explique le Dr Chapman dans l'article publié par l'université de Nottingham. Le constat le plus frappant de notre étude n'était pas l'existence de biais subtils dans la vision ou la mémoire, mais le fait que, dans certains cas, il y avait une absence complète de mémoire, particulièrement lorsqu'il s'agissait de motocycles à l'approche". En effet, les participants étaient près de cinq fois plus susceptibles d'oublier un motocycle qu'une voiture.

Ainsi, les accidents considérés comme résultant d'erreurs "Regarder mais ne pas réussir à voir" rentreraient en réalité dans la catégorie "A vu mais a oublié" – "Saw But Forgot" (SBF) en anglais. D'après les résultats étudiés par les chercheurs, les erreurs intervenant dans les accidents SBF étaient associées à plusieurs mouvements de tête ainsi qu'à un plus long intervalle entre le moment où le conducteur a regardé le motocycle et celui où il s'est engagé sur la voie. C'est dans ce laps de temps que l'oubli aurait lieu : les choses que le conducteur voit pourraient écraser le contenu initial de la mémoire visuo-spatiale. 

Se parler pour contrer les oublis

"Ces études démontrent incontestablement que même dans des situations critiques pour la sécurité, il est possible d'observer des défaillances dramatiques de la mémoire visuelle, assure le Dr Chapman. Ces erreurs 'Saw But Forgot' ont été remarquablement fréquentes dans le simulateur, et nous avons toutes les raisons de penser qu'elles pourraient être aussi courantes dans la vraie vie. Ce surprenant manque de mémoire pourrait être la raison exacte pour laquelle ces accidents semblent si mystérieux".

Afin de lutter contre ces oublis, les chercheurs suggèrent aux conducteurs de se parler à voix haute dès qu'ils voient un motocycle à l'approche. Dire "vélo" dès que l'on en voit un pourrait ainsi éviter de lui couper la route. "Si une information visuelle pertinente est encodée phonologiquement, il a été montré qu'elle n'est plus sujette à l'interférence visuo-spatiale", précise le Dr Chapman.

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