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QUESTION D'ACTU

Renforcer le dépistage

Hépatite B et C : "trop de personnes demeurent non testées"

Si le nombre de malades atteints des hépatites B et C en France semble avoir diminué ces dernières années, trop de personnes demeurent "non testées et porteuses d'infections virales non diagnostiquées", selon le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) paru ce mardi 24 septembre. 

Hépatite B et C : \ Rost-9D/iStock

  • Publié 24.09.2019 à 16h00
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Il y a du progrès mais ce n’est pas encore suffisant. Si le nombre de personnes atteintes des hépatites B et C semble avoir diminué ces dernières années, "trop de personnes demeurent non testées et porteuses d'infections virales non diagnostiquées", alerte le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) paru mardi 24 septembre alors que la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales aura lieu le 25 septembre.

Selon ces nouvelles estimations, 0,3% de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans serait respectivement atteinte d’une hépatite B chronique et d’une hépatite C chronique. Soit "environ 135 000 individus pour chacune de ces pathologies", dues à des virus qui s'attaquent au foie pouvant entraîner une cirrhose ou un cancer, selon l'équipe de chercheurs de Santé publique France.

Ces chiffres ont beau avoir diminué par rapport aux estimations précédentes (0,65% en 2004 et 0,42% en 2011 respectivement), "du fait des différences de méthodes utilisées, il convient d'être prudent dans la comparaison de ces estimations", expliquent les scientifiques. 

"Il nous faut renforcer nos actions de dépistage"

En effet, les méthodes utilisées pour arriver à cette évaluation telles que l’auto-dépistage sanguin à domicile et les enquêtes téléphoniques pouvaient difficilement atteindre les populations marginalisées, les usagers de drogues actifs et les personnes sans domicile fixe, plus susceptibles d’être touchées par ces maladies.

"Il nous faut renforcer nos actions de dépistage (...) parmi les populations les plus exposées" à l'hépatite C et "atteindre une couverture vaccinale de 95% pour lutter contre l'hépatite virale B", alerte donc Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, et auteur de l’éditorial de ce Bulletin.

Le virus de l’hépatite B est généralement introduit dans le corps par le sang, un contact sexuel, voire la salive ou le lait maternel. Sa forme chronique est responsable de 40% des cas de cancer primitif du foie. Il arrive aussi très rarement que ces maladies soient provoquées par certains médicaments (paracétamol à haute dose), une consommation d’alcool excessive, une surcharge de graisse ou encore un trouble du système immunitaire. L'hépatite C se transmet quant à elle essentiellement par voie sanguine. Elle peut entraîner des cirrhoses et des cancers du foie et est à l’origine d'environ 2 500 décès par an.

En France, le dépistage de l’hépatite B obligatoire pour les femmes enceintes

Aussi, les personnes les plus à risque de contracter une hépatite sont celles ayant déjà consommé de la drogue par injection intraveineuse ou par "sniff", reçu une transfusion sanguine avant les années 1990, ou eu de multiples rapports sexuels non protégés. Les personnes ayant partagé du matériel de rasage, une brosse à dent ou un objet coupant avec un malade sont également plus vulnérables. Enfin, sont particulièrement exposées à l’hépatite B (les risques sont beaucoup plus rares dans ce cas de figure pour la C), celles dont la mère était atteinte de cette maladie au moment de la naissance. Celle-ci se transmet de la mère à l’enfant lors de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement. Aussi, en France, le dépistage de l’hépatite B est obligatoire pour les femmes enceintes.

Mais dans la plupart des cas c’est lors d’une prise de sang de routine que les porteurs chroniques d’une hépatite découvrent leur maladie. Car, à moins de symptômes de types grippaux ou d’une hépatite fulminante, l’affliction passe le plus souvent inaperçue. Une fois diagnostiqué, il est indispensable de se faire traiter au plus vite avant que la maladie n’altère le foie et que le malade ne contamine ses partenaires sexuels.

Si à l’heure actuelle on ne sait que garder sous contrôle l’hépatite B et pas l’éliminer,  la lutte contre l’hépatite C a bien avancé grâce aux traitements antiviraux d’action directe (AAD). Ces derniers guérissent 95% des malades en quelques semaines seulement. D’après un autre article du BEH, fin 2017, 59 000 personnes avaient commencé un traitement par AAD. La France a aujourd’hui pour objectif d’atteindre 120 000 patients traités et guéris d'ici à 2022.

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