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QUESTION D'ACTU

Essai clinique

Bégaiement : test prometteur pour un médicament qui réduit les symptômes

Une équipe américaine vient de tester chez les adultes qui bégaient un médicament dérivé de la benzazépine. Après quelques semaines de traitement, ils ont constaté une réduction des symptômes. 

Bégaiement : test prometteur pour un médicament qui réduit les symptômes jax10289/iStock

  • Publié 30.08.2019 à 13h30
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C'est un médicament expérimental -d'abord testé pour le traitement de la schizophrénie ou pour compenser certains effets de la cocaïne- qui pourrait changer la vie des personnes qui bégaient. Et elles sont nombreuses -on estime que les bègues sont 60 millions dans le monde dont environ 700 000 en France- et parfois célèbres comme Napoléon, Marilyn Monroe, Winston Churchill, Louis Jouvet ou Albert Einstein.

Une équipe dirigée par un psychiatre de l'université de Californie, Riverside, vient de tester sur des adultes souffrant de ce handicap l'écopipam, un dérivé de la benzazépine. Résultat, après huit semaines de traitement, leurs symptômes du bégaiement avaient été réduits : augmentation de la fluidité de la parole, lecture plus rapide et durée raccourcie des événements de bégaiement.

Des niveaux élevés de dopamine associés à ce trouble

Le bégaiement qui commence le plus souvent durant l'enfance n'a pas de cause précisément identifiée. Mais on sait que la dopamine, un neurotransmetteur, joue un rôle important dans la manière dont le bégaiement est provoqué dans le cerveau. Des niveaux élevés de dopamine étant associés à ce trouble de la parole, c'est ce neurotransmetteur qui a été ciblé pour réduire les symptômes. Mais la plupart des médicaments testés jusqu'à aujourd'hui avaient entraîné des effets secondaires important comme des troubles des mouvements ou des anomalies métaboliques.

Ces effets négatifs n'ont pas été observés dans les travaux menés à Riverside et dont les résultats viennent d'être publiés dans les Annals of Clinical Psychiatry. L'explication est qu'écopipam bloque sélectivement les actions de la dopamine au niveau de son récepteur, récepteur qui peut appartenir à deux grandes familles, celles des récepteurs D1 ou D2. Ecopipam ne bloque la dopamine qu'au niveau des récepteurs D1 et peut donc agir différemment des autres médicaments.

"Aucun effet indésirable grave"

"Les participants ont bien toléré l'écopipam, ils n'ont montré aucun effet indésirable grave, aucun patient n'a dû arrêter le traitement et aucun signe de gain de poids ou de trouble du mouvement, événements pouvant accompagner d'autres médicaments utilisés pour traiter le bégaiement n'ont été observés", précise le docteur Gerald Maguire qui a dirigé l'étude.

Les patients qui ont participé à cette étude, neuf hommes adultes, ont commencé avec 50 milligrammes par jour d'écopipam durant deux semaines puis 100 milligrammes par jour durant les six dernières semaines de l'essai. Parmi les cinq patients qu'il a été possible d'évaluer au terme de cet essai, trois qui souffraient d'un bégaiement modéré ont connu des améliorations significatives, les deux autres qui avaient un bégaiement important ont connu des gains plus modestes.

Gerald Maguire annonce pour le début de 2020 un nouveau test de l'écopipam dans le cadre d'un essai clinique plus important portant sur une centaine de personnes.

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