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Sclérose en plaques : non, le vaccin contre l'hépatite B n'augmente pas les risques

Malgré les rumeurs, le vaccin contre l'hépatite B n'augmente pas les risques de sclérose en plaques, démontre une nouvelle étude. Au contraire, d'après les chercheurs, la vaccination, surtout contre la gripe, serait associée à un risque réduit de développer cette maladie dans les années qui suivent. 

Sclérose en plaques : non, le vaccin contre l'hépatite B n'augmente pas les risques DESIGNER491/ISTOCK

  • Publié 14.08.2019 à 15h34
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Les vaccins sont régulièrement la source de polémique. De nombreux détracteurs du vaccin contre le papillomavirus l’ont par exemple accusé de provoquer le cancer du col de l’utérus, bien que des études prouvent au contraire qu’il en protège. En 1998, une étude a fait le lien entre vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole) et autisme. Si elle a régulièrement été réfutée depuis, certaines croyances ont la vie dure. C'est notamment le cas de celle associant vaccin contre l’hépatite B et risque aggravé de sclérose en plaques, maladie inflammatoire du système nerveux central. Bien que plusieurs études aient déjà prouvé qu'il n'y avait pas de lien, de nouveaux travaux parus dans revue Neurology  le 30 juillet enfoncent le clou. Au contraire, la vaccination, particulièrement celle contre la grippe, est associée à un risque plus faible de sclérose en plaques, assurent les chercheurs de l’Université de Munich en Allemagne. 

Pour en arriver à ces conclusions, ils ont analysé 223 000 dossiers médicaux du système d’assurance maladie de Bavière entre 2005 et 2017. Parmi les personnes suivies, 12 262 ont été diagnostiquées comme souffrant d’une sclérose en plaques ou après. En observant quels vaccins avaient été administrés et à quelle date, les scientifiques n’ont pas pu déterminer que "la vaccination est un facteur de risque de développer une sclérose en plaques", expliquent-ils.  

La prévention des infections pourrait diminuer les rechutes

Au contraire, la vaccination, surtout celle contre la grippe, était associée à un risque plus faible d’être diagnostiqué d’une sclérose en plaques dans les cinq années qui suivent, ont-ils remarqué. "Les infections étant associées à des rechutes de la maladie, la prévention des infections (par la vaccination, NDLR) pourrait donc diminuer les rechutes et le risque de sclérose en plaques", avancent-ils. 

Autre hypothèse possible :"La stimulation du système immunitaire avec les antigènes vaccinaux pourrait avoir un effet positif sur la réponse auto-immune qui accompagne l’apparition et la progression de la maladie". Toutefois ce potentiel "effet protecteur" doit encore être étudié, admettent les chercheurs.

Comment cette rumeur est-elle née ?   

Ces résultats rejoignent donc ceux déjà de nombreuses études réalisées sur le sujet. "Les données constituées depuis plus de quinze ans permettent d’écarter avec une grande sûreté un lien entre vaccination contre le virus de l’hépatite B et la survenue d’une sclérose en plaques", note le site gouvernemental Vaccination Info Service

Mais d’où est donc venue cette croyance selon laquelle la vaccination contre l’hépatite B augmenterait les risques de scléroses en plaques ? Dans les années 90, alors que le vaccin contre l’hépatite B était largement administré en France, plusieurs personnes ont développé une sclérose en plaque peu après. Face à la médiatisation massive de ces cas, les autorités sanitaires ont dû suspendre la campagne de vaccination dans les écoles, malgré l’absence de preuves pour établir un lien direct.

Aujourd’hui en France, la sclérose en plaque touche plus de 100 000 patients et 5 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La maladie est due à un dérèglement du système immunitaire, qui s’attaque au cerveau et aux fibres nerveuses en détruisant les gaines de myéline chargées de protéger les neurones. Peu à peu, les patients perdent l’usage de leurs membres, présentent des troubles de la vision, de la motricité et de la sensibilité. La sclérose en plaques se manifeste d’abord sous une forme cyclique avant de devenir progressive. Malheureusement, à l’heure actuelle, aucun traitement n’existe pour en guérir. Des remèdes sont toutefois disponibles pour ralentir son évolution et améliorer la qualité de vie des patients.

 

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