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QUESTION D'ACTU

30 fois plus puissant que l'aspirine

Cannabis : on en sait plus sur ses molécules anti-douleur

Des chercheurs canadiens ont découvert comment le cannabis produisait des flavonoïdes capables de soulager les douleurs chroniques avec trente fois plus de puissance qu'une aspirine. 

Cannabis : on en sait plus sur ses molécules anti-douleur JessicaPichardo/iStock

  • Publié 29.07.2019 à 15h45
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Dans le cannabis, il existe des molécules du nom de flavonoïdes capables de réduire les douleurs chroniques. Si les scientifiques connaissent leur existence depuis 1985, les travaux sur ces molécules ont été limités en raison de la stricte régulation sur la recherche liée au cannabis. Toutefois, grâce à la légalisation récente de la marijuana au Canada, des chercheurs ont enfin pu creuser le sujet. Et pour la première fois, des scientifiques ont découvert comment le cannabis produisait ces molécules. Peut-être leurs résultats pourront-ils conduire à la création d’antidouleurs exempts d’effets secondaires entraînant une potentielle addiction. Les résultats de leur étude sont à paraître dans l’édition d’août du journal Phytochemistry.

Afin de déterminer comment la plante de cannabis fabrique la cannflavine A et la cannflavine B, deux molécules 30 fois plus efficaces pour combattre l’inflammation que l’aspirine, des chercheurs de l’Université de Guelph au Canada ont utilisé une combinaison de génomique et de biochimie. Ils ont ainsi pu découvrir quels gènes étaient nécessaires pour leur production et quels enzymes étaient impliqués dans le processus.

"Il y a beaucoup de génomes séquencés qui sont publiquement disponibles, dont le génome de Cannabis sativa. Si vous savez ce que vous recherchez, on peut donner vie aux gènes, pour ainsi dire, et découvrir comment des molécules telles que les cannflavines A et B sont assemblées", explique le professeur Tariq Akhtar co-auteur de l’étude 

Des molécules qui ciblent directement la douleur  

Ces molécules ne sont pas psycho-actives : elles n’affectent pas l’esprit comme des opioïdes ou le THC du cannabis, elles ciblent la douleur directement. Aussi, elles pourraient être utilisées pour créer une nouvelle classe d’antidouleurs "idéale" sans risque d’addiction, avancent les chercheurs.  

Forts de leurs résultats, ils essayent désormais de développer un système biologique afin de les produire en grande quantité. Mais ces deux flavonoïdes étant créés en petite doses par les plants de cannabis, même les plantes génétiquement modifiées ne pourraient pas en faire suffisamment. Les scientifiques ont donc déposé un brevet pour produire deux canflavines hors d’une plante de cannabis en collaboration avec une compagnie canadienne du nom d’Anahit International Corp.

Rappelons qu’au Canada, plus de 10.000 personnes sont mortes d'overdoses entre l'éclatement de la crise des opiacés début 2016 et septembre 2018.

En France, le cannabis thérapeutique bientôt à l'essai 

Mais ce problème est encore plus lourd aux Etats-Unis, où 130 personnes meurent d’une surdose chaque jour. Récemment, une étude parue dans le Journal of Psychoactive Drugs a prouvé que les Américains utilisent de plus en plus la marijuana pour soulager leurs douleurs et que, pour beaucoup cela avait eu pour conséquence de réduire leur consommation d’opiacés. Toutefois, consommer du cannabis de façon traditionnelle comporte de dangereux risques d’addiction, rappellent les scientifiques. 

Il y a quelques jours, des scientifiques australiens ont quant à eux démontré que le Nabiximols, un médicament à base de cannabis ciblant les récepteurs du cerveau pourrait réduire le taux de rechute 

En France, l’ANSM vient d’autoriser la vente de cannabis à usage thérapeutique à l’essai après des années de débat sur le sujet. A partir de 2020, certains médecins spécialement formés pourront prescrire des médicaments à base de cannabis. Cela sera toutefois réservé aux patients en impasse thérapeutique, à ceux souffrant de certaines formes d’épilepsies résistantes aux traitements, de douleurs neuropathiques non soulagées par d’autres traitements, d’effets secondaires de chimiothérapie, de contractions non contrôlées dues à la sclérose en plaque ou encore d’autres pathologies du système nerveux central. 

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