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Candida auris : le champignon tueur se développerait à cause du réchauffement climatique

D'après une nouvelle étude américaine, le champignon tueur Candida auris, de plus en plus répandu à travers le monde, se serait développé avec le réchauffement climatique.

Candida auris : le champignon tueur se développerait à cause du réchauffement climatique Dr_Microbe/iStock

  • Publié 27.07.2019 à 11h00
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Candida auris. Voilà un nom aux consonances désagréables qui revient de plus en plus dans la presse. Il y a quelques mois, le New York Times publiait un dossier sur ce champignon tueur devenu résistant aux médicaments et de plus en plus observé en Asie du sud-est, en Inde, en Afrique du Sud, aux États-Unis et en Europe. D’après les dernières données, il semblerait que plus du tiers des patients qui le contracte en meurt. Aujourd’hui, une étude parue dans le journal scientifique mBio nous en apprend plus sur les origines de cette infection. Cette dernière se serait développée avec le réchauffement climatique.

C’est en 2009 que le premier cas de Candida auris est rapporté. Des médecins identifient un champignon dans le conduit auditif d’un Japonais. Depuis l’infection a été repérée dans des hôpitaux un peu partout dans le monde sans que l'on comprenne vraiment pourquoi. "Depuis ce premier isolement au Japon, C. auris a été impliqué dans des candidémies et des infections invasives associées à une morbimortalité élevée", détaillent des mycologues pour la Société française d’hygiène hospitalière dans un article paru en mai.

Aujourd’hui,"le plus grand mystère qui reste à comprendre est comment la même espèce de champignon se développe sur trois continents au même moment. Ce sont des sociétés et des populations différentes, mais elles ont quelque chose en commun, le monde se réchauffe", explique le docteur Arturo Casadevall, directeur du département de microbiologie et d'immunologie à Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health aux États-Unis et auteur principal de la nouvelle étude.

La hausse du mercure devrait aider de nouveaux germes à nous infecter 

Arturo Casadevall et ses collègues ont donc décidé d’étudier des champignons proches de Candida auris. Ils ont remarqué que la majorité poussait bien à l'air ambiant mais ne pouvait pas survivre pas à la chaleur du corps humain. Ainsi, celui à l’origine des infections fongiques mortelles se seraient adapté à des températures plus élevées.

D’après les scientifiques, la hausse du mercure provoqué par le réchauffement climatique finira par pousser de nouveaux germes à pénétrer dans la "zone de restriction thermique", une zone tellement chaude qu'elle empêche d’ordinaire la plupart des espèces d’entrer dans notre corps. Aussi, sans défenses efficaces, les nouveaux champignons résistants pourront nous infecter beaucoup plus facilement.

Qui plus est, d’après les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies, la plupart des souches connues résistent ont au moins l’une des des trois classes de médicaments utilisées pour traiter les infections fongiques. D’après leurs observations, plus du tiers serait résistante à deux traitements sur trois.

Une infection qui survient chez les personnes immunodéprimées 

Jusqu’à aujourd’hui, des infections dues au Candida auris ont été repérées dans plus de trente pays. Elles sont toutefois difficiles à détecter étant donné qu’elles surviennent chez des personnes déjà traitées pour une autre infection et au système immunitaire déjà fragilisé.

"Le germe émerge chez des patients qui ont reçu des antibiotiques, qui sont très immunodéprimés (dont le système immunitaire est affaibli, NDLR), qui sont notamment dans les services de réanimation, d’hématologie ou de transplantation", précise le professeur Didier Lepelletier, chef du service de bactériologie-hygiène hospitalière du centre hospitalier universitaire de Nantes, cité par Libération. Les malades souffrent souvent de fièvre et de frissons ne répondant pas aux traitements antibiotiques habituels.

Cette superbactérie est si contagieuse que le personnel de l’hôpital de Brooklyn (New-York, États-Unis) a déjà dû désinfecter la chambre d’un patient atteint avec un "équipement de nettoyage spécial et a dû enlever une partie du plafond et du sol". En 2016, à Londres, l’hôpital Royal Brompton a même dû être fermé pendant près de deux semaines pour décontamination. 

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