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QUESTION D'ACTU

Auto-transplantation rénale abdomen fermé

Une nouvelle prouesse chirurgicale au CHU de Toulouse grâce à l’assistance robotique

Une équipe chirurgicale du CHU de Toulouse a réalisé une auto-transplantation rénale sans ouvrir l’abdomen de la patiente. L’opération, réalisée sous assistance robotique, est une première en Europe.

Une nouvelle prouesse chirurgicale au CHU de Toulouse grâce à l’assistance robotique lyosha_nazarenko/iStock

  • Publié 19.10.2018 à 10h59
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Grâce à la chirurgie robotique, l’équipe d’urologie de l’hôpital de Toulouse a réalisé un exploit chirurgical : une réparation de l’urètre par auto-transplantation rénale et ce, sans avoir besoin d’ouvrir l’abdomen de la patiente.

Alors qu’elle était jusqu’ici considérée comme une opération lourde et risquée, l’intervention n’a nécessité que 6 petites incisions abdominales pour la patiente, qui a pu rentrer chez elle après trois jours d’hospitalisation.

Une patiente victime d’un grave accident

L’opération s’est déroulée sur une patiente de 29 ans, victime en octobre 2017 d’un grave accident de la route en tant que passagère. Elle souffrait d’un traumatisme abdominal de grande gravité : saignement intra-péritonéal, ablation d’une grande partie de l’intestin et délabrement important de la paroi abdominale. D’abord opérée au Centre hospitalier de Bigorre, à Tarbes où elle a subi trois laparotomies (ouverture de l’abdomen) dont deux en urgence, elle a ensuite été transférée à l’hôpital toulousain de Rangueil, où elle a été prise en charge par l’équipe chirurgicale d’urologie pour soigner son urètre et le rein gauche, tous les deux touchés. "Mon uretère était cassé, il fallait réfléchir à la suite. Je suis sortie de l'hôpital avec une néphrostomie (une sonde reliée à une poche de recueil des urines). Je l'ai gardée quatre longs, très longs mois… Le quotidien était compliqué, je devais faire attention pour m'habiller alors que j'avais, déjà, la contrainte du corset. Ma seule obsession était de me débarrasser de ma néphrostomie", raconte Charlotte à La Dépêche.

Prise en charge par le chirurgien urologue Nicolas Doumerc, la jeune femme décide de lui faire confiance quand ce dernier lui parle de réaliser, sous assistance robotique, une auto-transplantation rénale sans ouvrir son ventre. "Je lui ai fait confiance les yeux fermés. J'avais déjà un mètre de cicatrices sur le ventre. Je n'en voulais pas 40 cm de plus, mon ventre allait ressembler à une autoroute… Cette opération a représenté beaucoup de stress dans mon entourage, mais, pour moi, c'est un moment libérateur !"

Une chirurgie mini-invasive

Pour réaliser l’opération, le Dr Doumerc s’est inspiré d’une technique de chirurgie de pointe de réparation de l’urètre déjà réalisée aux États-Unis et au Canada. Cette opération, inédite en Europe, a permis à la patiente de conserver son rein gauche. Plutôt que de remplacer la partie endommagée de l’urètre par un morceau d’intestin grêle ou d’enlever le rein gauche, le spécialiste s’est tourné vers la solution de l’auto-transplantation rénale. "On prélève le rein et on le déplace au plus près de la vessie en procédant comme dans une transplantation classique", explique le médecin, qui s’est appuyé sur une assistance robotique pour réaliser cette opération mini-invasive. "Nous avions l'expérience de la transplantation par voie robotique au CHU de Toulouse. Mais ce qui est innovant dans notre geste c'est le retrait du rein, son rinçage — indispensable pour éviter toute toxicité- et la transplantation, tout ça à ventre fermé avec six petites incisions."

Dès le lendemain de l’intervention, la patiente a pu remarcher et elle a quitté l’hôpital trois jours plus tard. "Au départ, avoir mes deux reins fonctionnels importait peu. Je ne voulais plus de cette néphrostomie, un point c'est tout. Aujourd'hui, avec du recul, je suis très contente. Je ne sais pas ce que l'avenir me réserve, je suis donc ravie de vivre avec mes deux reins fonctionnels, je peux poursuivre ma reconstruction", s’est réjouie Charlotte.

Pour l’équipe médicale, cette prouesse chirurgicale ouvre de nouvelles perspectives. "Cet exemple va nous permettre de réfléchir à de nouvelles indications de la chirurgie robotique comme les reconstructions de certaines structures anatomiques", conclut le Dr Nicolas Doumerc.

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