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Néphrologie

Greffe de rein : face aux inégalités régionales, le mode d'attribution remis en cause

En France, les délais pour obtenir une greffe de rein varient de 13 à 66 mois en fonction des régions. Magali Leo, porte-parole de l’association Renaloo, vient de saisir le Défenseur des droits, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le ministère de la Santé pour remettre en cause ce mode d'attribution.

Greffe de rein : face aux inégalités régionales, le mode d'attribution remis en cause Natali_Mis / istock

  • Publié 19.06.2018 à 13h30
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A Caen, Rennes, Marseille, Poitiers et Brest, les durées d'attente des greffes de rein sont inférieures à 1 an et demi, tandis qu’elles sont supérieures à 4 ans à Créteil, Saint Louis, Foch ou encore Tenon (pour Foch et Tenon, les durées d'attente excèdent même 5 ans). La médiane d’attente nationale (durée au bout de laquelle la moitié des patients inscrits entre 2011 et 2016 sont greffés) augmente aussi régulièrement. Elle était de 31,3 mois en 2016, soit un peu plus de deux ans et demi.

66 mois d'attente

En France, une structure sanitaire qui réalise un prélèvement des deux reins sur un donneur décédé a possibilité d’en conserver un pour l’attribuer à un patient inscrit localement sur les listes d’attente. Résultat : les délais pour obtenir une greffe de rein varient de 13 à 66 mois en fonction des régions.

"Selon le bassin de population, cela donne des disparités d’attente médiane de 1 à 5 ans, s’émeut le néphrologue Lionel Rostaing dans le Parisien. Les critères sont plus géographiques que médicaux. Pour certains malades, cela a un impact négatif sur leur chance de survie, d’autres reçoivent des greffons de moins bonne qualité".

Défenseur des droits

Changer de situation géographique n’est pas la solution. Hursine Ozkul, qui doit attendre minimum cinq ans pour une greffe de rein, témoigne dans le quotidien : "tout le monde n'accepte pas de patients ailleurs ! Et cela signifie abandonner l'équipe médicale à laquelle vous êtes habitué". 

Magali Leo, porte-parole de l’association Renaloo, vient de saisir le Défenseur des droits, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et le ministère de la Santé. Elle demande à l’Agence de la biomédecine, l’organisme en charge des greffes, de "mettre fin à la pratique" de la greffe de rein locale.

15 470 patients en attente d’un greffon rénal

La transplantation rénale intervient comme traitement de l'insuffisance rénale chronique en phase terminale, qui est atteinte lorsque 80% des unités fonctionnelles des deux reins sont détruites. Les causes principales de cette pathologie sont le diabète et l'hypertension artérielle au long cours.

Selon l'Agence de la Biomédecine, plus de 76 500 personnes souffrent d’une insuffisance rénale terminale en France. Sur les 15 470 patients en attente d’un greffon rénal en 2015, seulement 3 486 (soit une progression de 7,9 % par rapport à 2014) ont pu en bénéficier, dont 547 à partir de donneur vivant, soit 15,7 % des greffes rénales.

Depuis 2011, la loi de bioéthique a élargi le cercle des donneurs potentiels ; il est désormais possible de donner un rein de son vivant à un membre de sa famille mais aussi à un ami proche, ce qui a permis en partie une progression de la greffe de rein de donneur vivant de 177% en 10 ans.

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