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QUESTION D'ACTU

Désinformation massive

Les seringues infectées au VIH et cachées dans les pompes à essence sont une intox

Depuis près d'un an, un post accusant des stations-services de cacher des seringues infectées par le sida dans les pompes à essence circule sur les réseaux sociaux. Il s'agit toutefois d'une intox et de taille. 

Les seringues infectées au VIH et cachées dans les pompes à essence sont une intox Capture d'écran/Facebook

  • Publié 06.10.2018 à 18h15
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Depuis l’arrivée de l’Internet, de nombreuses informations erronées circulent sur le réseau et quelques information font le buzz alors qu'elles sont complètement fausses. Il faut donc faire particulièrement attention aux "news insolites", notamment celles partagées sur les réseaux sociaux. Dernier intox relayée partout dans le monde en date et des plus graves : des stations-essence feraient circuler des seringues infectées par le VIH dans les pompes à carburant.

Naissance d'une intox en France

En France, tout a commencé le 15 décembre 2017 quand un groupe nommé "J’aime et respecte notre planète" poste sur Facebook une photo montrant une poignée de pompe à essence équipée d’une seringue. "PARTAGEZ!!! Attention [...] c'est la nouvelle trahison qu'ils font dans les stations-service. Ils mettent des seringues infectées par le VIH (sida) dans l'arme du carburant. Faites attention et faites tourner ! Les partages peuvent sauver des vies !", est-il écrit sur post, aujourd’hui partagé plus de 272.000 fois.

Mais tout le monde n’est pour autant pas crédule. "Ce qui circule à l’air libre, c’est la connerie", "c’est du grand n’importe quoi (…) on est dans l’intox…débile !", notent ainsi certains internautes, septiques.

Les racines de l'intox sont plus exotiques

Mais cette rumeur ne se limite pas à la France. Fin 2017, la même photo circule au Royaume-Uni, en Allemagne, en Norvège, en Autriche, en République Tchèque ou encore en Italie. Le cliché n’a pourtant aucun lien avec l’Europe puisqu’il vient des Etats-Unis.

C’est un automobiliste du nom de Jose Medina qui l’a pris en Californie en mai 2017. "Hier, sur le chemin du travail, mon père s’est arrêté à une station service à Moreno Valley pour prendre de l’essence. Après avoir payé à l’intérieur, il est sorti saisir l’embout de la pompe et s’est soudainement fait piquer par une foutue seringue placée exprès à cet endroit par un pauvre type", relatait alors sa fille Jacqueline sur Facebook.

Choqué, Jose Medina avait alors alerté l’employée de la station-service qui avait immédiatement retiré la seringue avec une serviette. Il avait ensuite prévenu la police et passé des examens médicaux sans que le VIH ne soit jamais évoqué.

La rumeur qui enfle

Trop tard, les réseaux sociaux s’étaient déjà emparé de l’affaire, surfant sur la psychose du sida, tandis que certains internautes accusaient Jacqueline Medina d’avoir tout inventé. Fatiguée qu’on l’accuse de mentir, la jeune femme avait alors partagé l’article ainsi que le reportage réalisés par Fox 11 sur l’incident. "J’ai aussi dû supprimer la photo originale de la pompe à essence et rajouter le crédit au nom de mon père, puisque certains reprennent la photo et racontent une autre anecdote ou affirment que la seringue contient le virus du sida (alors que je n’ai jamais dit que la seringue contenait ou pas le virus, on ne sait pas ce qui était dedans ou non)", écrivait-elle également sur les réseaux sociaux.  

Une psychose qui date de la fin des années 1990

Comme le rappelle Jacqueline Medina via un lien vers le site de vérifications des faits Snopes, la psychose autour de seringues soit disant contaminées par le virus du sida existe depuis la fin des années 1990. A cette époque, des mails circulaient faisant état de prétendues contaminations par seringue dans des cabines téléphoniques ou des salles de cinéma.

L’histoire des pompes essence a quant à elle fait son apparition dans les années 2000. Elle est revenue sur le devant de la scène en 2013, encore une fois via Facebook, au travers d’un post accusant un groupe de cacher des seringues dans des stations-essence de Floride.

Le VIH, un virus paradoxalement très fragile

Rappelons toutefois que ces informations sont peu crédibles étant donné la nature même du virus du sida. Ce dernier est en effet un "virus très fragile qui supporte mal d’être hors du corps humain", note le site sida info-service. "Il est extrêmement peu probable qu’une infection par le VIH se produise par suite d’une blessure par piqûre d’aiguille abandonnée dans un lieu public.

Cependant, si l’incident se produit avec une aiguille et une seringue contenant du sang frais, et si une partie du sang est injectée, il existe théoriquement un risque d’infection", précise quant à elle la société canadienne de pédiatrie. Il n’y aurait aucun risque de transmission du VIH quand le sang est séché.

 

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