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QUESTION D'ACTU

Les ados et le porno

Exposition des jeunes à la pornographie : des professionnels de santé interpellent le gouvernement

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français demande au gouvernement de prendre des mesures pour mieux protéger les enfants et adolescents face à la pornographie. 

Exposition des jeunes à la pornographie : des professionnels de santé interpellent le gouvernement Erdosain/iStock

  • Publié 18.06.2018 à 07h00
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21% des 14-24 ans regardent des vidéos pornographiques au moins une fois par semaine. C’est le résultat d’une vaste enquête IPSOS sur les addictions réalisée pour le Fonds actions addictions, la fondation Gabriel Péri et la fondation pour l’innovation politique.

Le phénomène inquiète les professionnels de santé. Des membres du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) ont lancé vendredi 15 juin un appel au gouvernement pour protéger les plus jeunes face à la pornographie. 

Une vraie application de la loi de protection des mineurs

En 2011, Israël Nizan  président du Cngof et gynécologue, le Dr Brigitte Lecombe et Sophie Marinopolos, ont réalisé une étude sur la sexualité des adolescents d’un point de vue médical, social, psychanalytique et éducatif. Ils ont constaté que les adolescents consomment de plus en plus de pornographie, que cela sexualise les enfants, et déshumanise la sexualité pour ces jeunes.

Cela peut perturber leur éducation sexuelle. L’exposition au porno peut avoir des conséquences sur leur développement et sur leur santé : crises d’angoisse, trouble du sommeil, sentiment de culpabilité, représentation faussée de la sexualité et des rapports amoureux.

Ces professionnels de santé demandent à ce que la loi sur la protection de mineurs soit appliquée totalement, mais aussi que des campagnes d’information et de sensibilisation soient mises en place pour les enfants, les adolescents et pour les parents. 

Attaquer les diffuseurs 

Pour le Cngof, il est nécessaire de mieux légiférer sur l’accès à ces contenu. Aujourd’hui, les méthodes de contrôle de ces sites consistent à obliger l’utilisateur à cliquer sur "J’ai plus de 18 ans", c'est donc facile pour l’enfant ou l’adolescent de se faire passer pour un adulte.

Le professeur Israël Nizan milite pour des mesures plus fortes : "les fournisseurs d’accès devraient avoir l’obligation d’empêcher les mineurs de consulter les sites pornographiques en imposant des codes fournis à partir de la présentation de la preuve de la majorité ou en imposant une carte bancaire systématique ; et pour ceux qui ne respecteraient pas cette obligation, il faut les attaquer au porte-monnaie en leur infligeant des pénalités qui ne soient pas symboliques : 10 millions d’euros à la première incartade, 50 en cas de récidive."

Les parents pensent protéger leurs enfants grâce à certains dispositifs comme le contrôle parental sur les ordinateurs. Mais en réalité les jeunes y ont accès par d’autres moyens, qui échappent parfois à la vigilance parentale, comme leurs smartphones ou tablettes et même via les réseaux sociaux. Cette consommation de vidéo pornographique peut même dans certains cas devenir une addiction : 9 % des jeunes regardent du porno tous les jours et 5 % en regardent plusieurs fois par jour. 

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