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QUESTION D'ACTU

Science sans conscience ?

Des scientifiques américains sont parvenus à ressusciter des cerveaux de cochons décapités

Des neuroscientifiques américains sont parvenus à remettre le cerveau de plusieurs cochons décapités en activité. Une prouesse technique qui pourrait servir dans le développement de nouveaux traitements, mais qui pose tout de même de sérieux problèmes d'éthiques.

Des scientifiques américains sont parvenus à ressusciter des cerveaux de cochons décapités Anek Sakdee / iStock

  • Publié 29.04.2018 à 11h35
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Selon la MIT Technology Review, des neuroscientifiques de Yale ont entrepris de remettre en activité les cerveaux de 100 à 200 cochons morts, quelques heures après leur décapitation dans un abattoir local. Grâce à un système appelée BrainEx, constitué de pompes et un chauffage, ils ont rétabli la circulation sanguine dans les organes, jusqu’à 36 heures d’affilée.

"Le cerveau de cet animal n’a aucune conscience, j’en suis persuadé", a indiqué le chef d’équipe lors d’une réunion de présentation aux National Institutes of Health, destinée à récolter des fonds pour poursuivre les recherches. Les cerveaux ainsi ressuscités avaient en effet un encéphalogramme plat, les chercheurs ayant pris soin d’injecter dans le sang des produits capables d’inhiber l’activité électrique des neurones. Des milliards de cellules de ces cerveaux de cochons ont été maintenues en bonne santé et capables d'afficher une activité normale, précisent les chercheurs. 

Vers de nouveaux traitements ?

Malgré tout, la dissection a montré une très bonne préservation des tissus, et la présence de neurones en état de produire des potentiels actions. En somme, il aurait sans doute été possible de susciter une activité électrique dans ces cerveaux manipulés ex vivo. Autant dire que les conséquences éthiques sont vertigineuses.

Néanmoins, ces recherches pourraient permettre de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau, et notamment la façon de rétablir la micro-circulation, soit l’oxygénation des petits vaisseaux sanguins. Les résultats de cette étude pourraient alors être précieux dans le développement de traitements contre certains cancers et la maladie d'Alzheimer, la cause la plus courante de démence - qui serait à l’origine de 60-70% des cas - et contre laquelle il n'existe à ce jour aucun traitement spécifique. 

Les "docteurs foldingue"

Cette expérience n’est pas sans rappeler les travaux du Dr Laborde. En 1885, ce neurophysiologiste audacieux se procura la tête d’un certain Gagny, fraîchement décapité pour ses crimes, et y rétablit la circulation sanguine. Par bonheur, l’infortuné cobaye ne donna jamais de signe de conscience – peut-être parce qu’il était alimenté par du sang de bœuf… 

Un siècle et demi plus tard, et alors qu’un chirurgien mégalomane a déjà annoncé sa volonté d’essayer la greffe de tête, qui peut jurer que de telles expériences ne se reproduiront pas ? Notamment lorsque les motivations sont louables : en effet, le Dr Sergio Canavero, qui a affirmé avoir réussi une greffe de la tête entre 2 cadavres en novembre 2017, estime que la transplantation de tête sur un corps sain, appliquée aux humains, pourrait sauver de nombreux patients atteints de maladies n'affectant pas la tête, des tétraplégiques (paralysés des quatre membres) ou encore tous ceux atteints d’une maladie mortelle qui ne touche pas le cerveau. Toutefois, la technique sur un homme mort ne permet pas de vérifier que la greffe sera efficace. Acte insensé ou escroquerie intellectuelle ? 

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