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QUESTION D'ACTU

Problème mondial de santé publique

Les "bactéries cauchemardesques" entraînent une surconsommation d’antibiotiques dangereuses

La consommation d’antibiotique a augmenté de 65% en 15 ans. Une situation intolérable pour les spécialistes des maladies infectieuses qui, depuis quelques années, se posent une étrange question : doit-on craindre une épidémie planétaire contre laquelle, les antibiotiques ne pourront rien ? La réponse est oui, si l’on continue a distribuer ces médicaments n’importe comment, tant chez les humains que les animaux qui suscitent l'apparition de "bactéries cauchemardesques" comme les ont surnommées les médecins Américains

Les \ Alkov

  • Publié 07.04.2018 à 12h26
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Le célèbre centre d'épidémiologie d'Atlanta, le CDC, la capitale mondiale de l'étude des microbes, a recensé l'apparition de bactéries dont la caractéristique est d'être résistantes à  la plupart des traitements connus et bien évidemment en premier lieu les antibiotiques. ce ne sont pas de nouveaux microbes mais plutôt des très anciens qui ont réussi, au fil des années et des traitements inutiles, à apprendre à se défendre contre les médicaments que l'homme avait inventé. Les malads atteints par ces "tueurs" restent confinés à l'hôpital et ne reçoivent plus que des soins "palliatifs" comme le disent leurs médecins.

La France est le 4ème pays Européen en terme de consommation d’antibiotiques ; ce qui est une mauvaise performance compte tenu des efforts déployés pour apprendre à moins les consommer, mais ce qui signifie aussi qu’il y a des pays pires que nous est que le problème est réellement international

"Si la résistance aux antibiotiques continue à progresser à ce niveau d’intensité, sans autre option de soin, il y aura bientôt des infections banales que l’on ne pourra plus soigner » alertait le professeur Eric Sonneville au nom d’un ensemble de spécialistes en novembre dernier

12000 morts par an et 150 000 infections…

On arrive aujourd’hui à une situation impensable lors de la découverte de ces médicaments qui semblaient d’une puissance incroyable : l’homme risque un jour de décéder d’infections jugées banales il y a encore quelques années, uniquement parce qu’un microbe sera devenu resistant à tous les produits disponibles. Ce scénario qui paraissait incroyable, n’a rien de la science fiction, et l’augmentation continue des cas et des morts par infection nosocomiale, ces infections que l’on attrappe à l’hôpital alors que l’on  est hospitalisé pour toute autre raison, est là pour en témoigner. 12000 morts par an et 150 000 infections…Le monde hospitalier est un gigantesque bouillon de culture, une base arrière de microbes qui y trouvent les forces pour devenir des agents dévastateurs.

Microbe ultra-résistant

Le combat contre les microbes, que l’on pouvait espérer   terminé, est très loin d’être gagné. C’est même un combat très inégal. Un million de milliards de millions de microbes un peu partout sur notre planète contre 6 milliards et demi d’individus qui croyaient, il y a soixante dix ans, avoir gagné le combat avec la découverte des antibiotiques. 

Des centaines de milliers de tonnes de ces médicaments ont été déversées dans la nature ou consommées  par les humains, sans réserve ni précautions. Conséquence, les bactéries ont mutées et sont devenues résistantes. Un microbe n’est pas un organisme frustre, mais une machine infernale rompue à la guerre totale. Dotée d’une vraie intelligence qui nous dépasse un peu, compte tenu de sa taille et de sa simplicité. Chaque nouvel antibiotique est salué, quelques années plus tard, par la transformation du microbe qui apprends à lui resister. Nos militaires sont moins rapides contre les nouvelles méthodes de guerre…

Pression des malades

Si le combat est perdu d’avance, on peut se poser la question de savoir à quoi servent ces spots publicitaires- les antibiotiques c’est pas automatique - auxquels personne n’a échappé,  et qui prônent la lutte contre la prescription abusive d’antibiotiques ? Ils ont d’abord eu le mérite d’aider le médecin, pour qui le refus de prescrire reste un moment délicat. Aujourd’hui c’est même un peu l’inverse et celui qui donne des antibiotiques, passerait presque pour un ringard. Mais avec le mauvais temps, et le retour des bobos de l’hiver,   la demandes des patients reste pressante, en particulier en cas d’angines. Pourtant, le paracétamol, associé à l’aspirine ( seulement chez l’adulte)  régle le problème  dans 80 % des cas, puisqu’il s’agit d’une angine due à des virus sur lesquels les antibiotiques n’ont aucun effet.

Faire pression sur la recherche des firmes pharmaceutiques

Même s’ils coûtent cher à la collectivité, les antibiotiques sont encore indispensables. Et surtout, la recherche doit se poursuivre.  Les laboratoires ont cessé de chercher en raison du prix de vente très faibles des antibiotiques. Il y a là certainement matière à réflexion. Pour que le génie de l’homme continue à posséder une avance sur le génie du microbe qui, de façon incessante, apprend à résister au point d’avoir rendu certains des plus anciens médicaments totalement inefficaces. Depuis vingt ans, la consommation globale des antibiotiques a diminué de 17% et l’on réfléchit aussi à une nouvelle durée de prescription :les médecins insistaient autrefois sur un minimum de 7 jours mais  prescrire mieux et moins, n’est-ce pas donner des produits plus efficaces et moins longtemps ?

En même temps qu’un peut d’ordre soit mis dans l’utilisation médicales des antibiotiques, il faut aussi s’attaquer aux millions de tonnes déversées dans la nature, principalement pour l’élévage des animaux consommés par l’homme. Mais c’est un débat qui échappe au monde de la santé…

 

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