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Autisme : quel avenir pour les enfants autistes en France ?

Symptômes, traitements, aménagements scolaires, formations professionnelles, emplois... Quel avenir peuvent espérer les enfants autistes en France ? 

Autisme : quel avenir pour les enfants autistes en France ? KatarzynaBialasiewicz /iStock

  • Publié 03.04.2018 à 11h30
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Invitée sur Europe 1 le 2 avril à l'occasion de la Journée mondiale des troubles de l'autisme, Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a présenté le diagnostic et l'insertion sociale comme les enjeux principaux du quatrième plan autisme, bientôt mis en place par le gouvernement. Car en matière de politique de l’autisme, "la France se trouve loin derrière de nombreux pays de l’OCDE", a-t-elle concédé. Et pour cause.

Education et scolarisation 

En janvier dernier, la Cour des comptes estimait qu'environ "1% de la population" française était touchée par un trouble du spectre autistique (TSA) : soit 600 000 adultes et environ 100 000 enfants. En 2010, seuls 75 000 adultes étaient diagnostiqués et pris en charge dans le secteur médico-social: moins de 20% d’entre eux bénéficiaient d’un accompagnement au sein d’une structure dédiée. Même constat chez les enfants : 80% des enfants atteints d'autisme n'ont pas accès à une scolarité ordinaire. L'article D351-10 du code de l’Education affirme pourtant que  "l’enfant est de droit dans l’école ordinaire". Scolariser les enfants autistes est même un devoir civique encadré par la loi du 11 février 2005 "pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". 

En août dernier, la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées annonçait 8000 nouveaux emplois d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Mais pour M’Hammed Sajidi, président de l’association Vaincre l'autisme, "ce chiffre correspond au nombre d’enfants autistes qui naissent chaque année en France". Autre problème : les auxiliaires de vie scolaire (AVS) reçoivent une formation de 60 heures, mais n'ont ni connaissance du handicap, ni diplômes préalables.

Encadrer les enfants autistes pour favoriser leur apprentissage et leur insertion sociale apparait pourtant comme une évidence pour repousser les limites du handicap. "Il faut vraiment que les choses soient bien structurées, qu'on soit concis, et la moindre incompréhension, ça part !", explique à France Info Ibtissem Meylender, accompagnante psychologue éducative d'Autistes sans frontières. Depuis qu'il est scolarisé, le petit Liam dont elle s'occupe récent "plus d'émotions". 

Insertion sociale et emploi

L'inculture autour de cette maladie rend l'insertion sociale des personnes autistes difficile : 37 % des Français pensent, à tort, que l’autisme est un trouble psychologique (étude Opinion Way, 2012). Or il s'agit d'un trouble chronique appartenant aux "Troubles du Spectre Autistique" (ou "TSA") qui sont caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales, des problèmes de communication (langage et communication non verbale), ainsi que par des troubles du comportement correspondant à un répertoire d’intérêts et d’activités restreint et répétitif. "Il faut faire de la pédagogie, mieux montrer le handicap, afin de changer le regard de notre société", a insisté Sophie Cluzel.

"J’ai passé trois ans sans aucune activité. Ne serait-ce que pour accéder à un entretien, cela a été très difficile", témoigne dans le Figaro Alexandre Klein, 27 ans. Pourtant les personnes autistes ont des compétences à offrir au monde du travail. Seuls les stigmates de cette maladie rebutent les employeurs, souvent persuadés qu'il s'agit d'une maladie mentale accompagnée d'impotence. "Quand on démarre quelque chose, on a besoin de bien faire, on n’aime pas l’échec. On peut passer plusieurs heures concentré sur une tâche, explique jeune homme. On est productif parce qu’on développe une vraie conscience professionnelle, et nous ne sommes pas intéressés par les conventions sociales telles que les pauses-café ou cigarettes".

Informatique et haute technologie

La secrétaire d'Etat a expliqué vouloir "déplacer le centre de gravité du médico-social vers l'école pour faciliter le parcours de vie des personnes". Ainsi a-t-elle insisté sur l'ambition du gouvernement de s'occuper du "logement inclusif" et du "retour à l’emploi, parce qu’on se prive de talents colossaux en n’accompagnant pas les personnes avec autisme à l'emploi".

En mars 2017, Josef Schovanec remit un rapport au gouvernement dressant une liste d'axes professionnels accessibles aux personnes autistes, pour faciliter leur arrivée sur le marché du travail. Le docteur en philosophie fit un constat amère : "la non-valorisation de l'apport passé et actuel des personnes autistes à l'économie". Selon lui, les aptitudes cognitives de certaines personnes autistes serviraient pourtant dans les secteurs de l'informatique, de la haute technologie ou encore du dressage et de l'élevage d'animaux. 

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