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QUESTION D'ACTU

La nouvelle cirrhose

Le NASH, épidémie de malbouffe qui menace les Français

On l’appelait autrefois la cirrhose graisseuse, en opposition avec celle d’origine alcoolique. Avec les mêmes symptômes et le même pronostic ; mauvais. C’est aujourd’hui plus politiquement de dire NASH, une maladie en totale progression puisque 1 à 2 millions de Français pourraient en souffrir

Le NASH, épidémie de malbouffe qui menace les Français Dr_Microbe

  • Publié 14.03.2018 à 15h58
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  • Mise à jour le 14.03.2018 à 16h18
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On l’a appelée maladie du soda, maladie du foie gras, maladie de la « malbouffe ». Elle a obtenu ses lettres de noblesse et la découverte, par des millions de français,   de ce nom, NASH, lorsque Pierre Ménes a très largement raconté son calvaire. Une descente infernale de sa vitalité, jusqu’à la greffe de foie qui lui a sauvé la vie, l’année dernière.

NASH , cela signifie en jargon médical « cirrhose non alcoolique ». Pour bien en fixer l’origine, la consommation excessive de graisse et de sucre. La nouvelle sanction de l’obésité, dont souffre, paraît-il un Français sur trois.

On en parle beaucoup depuis quelques jours, à l’occasion de la sortie d’un livre qui lui est consacré. Un excellent ouvrage  du docteur Dominique Lannes, hépato-gastro-entérologue à Paris qui nous précise que  l’on estime aujourd’hui que 30 % de la population présente de la graisse dans le foie, première étape avant la NASH, le plus souvent sans le savoir.
La NASH est une maladie silencieuse, sans symptôme, qui dégrade insidieusement le foie. Cette forme d’hépatite, en l’absence de virus et de tout alcoolisme, liée uniquement à l’alimentation, entraîne cirrhose et cancer du foie, avec pour seule issue la greffe puisqu’il n’existe pour l’heure aucun médicament. 

« Il était un foie » qui ne faisait jamais parler de lui.

Comme tous les foies, comme presque tous les foies. Car, celui que les médecins surnomment le « prince de l’organisme » est capable d’encaisser les pires tourments. Schématiquement, on peut dire que le foie détruit à 80 %, continue à fournir la presque totalité de sa besogne. Mais, malade à 81 %, c’est tout le corps qui meurt. Ce travailleur de l’ombre possède une autre propriété étonnante : il est capable de se régénérer. Greffez 1/2 foie. Quelques mois plus tard c’est sur un foie entier que l’on peut compter. Je vous le disais, un véritable prince de l’organisme. Et c’est plutôt une bonne nouvelle dans un pays où précisément on ne ménage pas son foie. Car le rôle de cet organe le plus volumineux de notre corps à défaut d’être le plus lourd, le plus lourd c’est la peau, est une véritable usine chimique qui garantit le fonctionnement de tous les autres organes. D’où le verdict de mort lorsqu’il ne fonctionne plus.

Qui dit « usine » dit d’abord traitement des déchets et, en particulier, des toxiques.  C’est pourquoi en cas d’intoxication médicamenteuse ou alimentaire, c’est d’abord le foie qui « trinque ».

Par exemple la mort, lorsque l’on consomme des champignons vénéneux, survient par une destruction brutale et massive du foie. C’est d’ailleurs une indication absolue de la greffe hépatique en urgence, qui fait passer ces malades devant tous les futurs greffés en attente.

A propos de trinquer, le principal ennemi  du foie a longtemps été l’alcool.

Il a été rejoint et dépassé sur le podium par la graisse. Parce que le foie est également un haut lieu de stockage… d’éléments essentiels comme le sucre, le fer ou les sels minéraux et de production de produits comme le cholestérol. Le stockage dans le foie… c’est à l’extrême ce que l’on appelle, chez le canard ou l’oie, le foie gras qui n’est rien d’autre qu’une espèce de cirrhose provoquée artificiellement chez l’animal par gavage.

La jaunisse

La tradition associe jaunisse et maladie de foie. Et c’est vrai. L’explication est simple. Notre sang, comme tout le reste du corps, vieillit. Les globules rouges ne sont pas éternels et c’est le foie qui doit nous en débarrasser. Ceci se fait par l’intermédiaire de la bile. Si l’épuration se fait mal, le niveau de ces substances de dégradation contenu dans notre sang, augmente ce qui colore notre peau en jaune. Mais, heureusement, la nature reprend presque toujours le dessus. Et bon an, mal an, ce sont deux litres de bile que nous sécrétons chaque jour pour qu’à chaque repas notre digestion, en particulier les graisses, soit harmonieuse.

Alors, même si notre foie est presque éternel, ce n’est pas une raison pour ne pas le respecter et au même titre que l’on protège son cœur, que l’on réchauffe ses articulations ou que l’on exerce sa mémoire, se mettre au régime ce n’est pas seulement pour améliorer sa ligne mais pour laisser un petit peu souffler le « petit prince ».

Depuis plusieurs années, à l’insu du grand public, les médecins et les autorités de santé des pays occidentaux n’hésitent pas à qualifier la NASH de « fléau du siècle ». Une épidémie d’autant plus préoccupante qu’elle se propage discrètement par le contenu de nos assiettes. 
Pour en savoir plus ce livre représente un document saisissant qui s’adresse aussi bien à ceux qui veulent comprendre comment se tenir à l’abri de la NASH qu’aux patients qui veulent tout savoir du mal qui les ronge et retarder sa progression.

NASH
Par le Dr Dominique Lannes, avec la collaboration de : Catherine Siguret
Aux éditions Flammarion

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