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QUESTION D'ACTU

Prix Nobel de médecine 1965

François Jacob : mort d'un génie de la génétique

Le biologiste François Jacob est décédé à l'âge de 92 ans. Ses recherches sur la génétique bactérienne et les circuits de régulation lui ont valu d'innombrables récompenses, dont le prix Nobel en 1965.

François Jacob : mort d\'un génie de la génétique François Jacob en présence d\'Hélène Carrère d\'Encausse, secrétaire perpétuel de l\'Académie française (SICHOV/SIPA)

  • Publié le 22.04.2013 à 14h20
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« Une grande figure scientifique qui aura honoré la France ». C'est en ces termes que l'Elysée a commenté ce 22 avril la mort du grand biologiste François Jacob décédé vendredi 19 avril à l'âge de 92 ans.

Lorsque la guerre éclate, François Jacob est un jeune étudiant dans une école de médecine parisienne. Celui qui se destinait à être chirurgien quitte alors l'Hexagone afin de rejoindre les Forces Françaises Libres à Londres en juin 1940. Il sera grièvement blessé par des éclats d'obus durant la campagne de Normandie en août 1944. Des blessures qui lui interdiront une station debout prolongée, et lui fermeront de ce fait les portes d'une carrière de chirurgien.

À la libération, François Jacob se consacre alors pleinement 
à la biologie, l'homme va aimer la recherche, « je cherche la Terre promise, j'écoute la musique des lendemains, ma nourriture c'est l'expectation, ma drogue, l'espoir», disait-il. Sa Terre promise, il la trouvera à l'Institut Pasteur où il entrera en 1950 et entamera une longue et fructueuse carrière. Ses principaux travaux porteront sur les mécanismes génétiques entre les bactéries et les virus qui les infectent (bactériophages).

Ces recherches, menées en collaboration avec le généticien français Élie Wollman, permettront de mieux comprendre comment les bactéries s'échangent du matériel génétique en venant au contact les unes des autres. Et avec le biochimiste français Jacques Monod, ses travaux porteront sur les mécanismes responsables du transfert de l'information génétique, ainsi que sur les circuits de régulation qui ajustent la synthèse des protéines.

En 1958, les deux chercheurs pressentent que les analogies entre la lysogénie (un mode de reproduction virale) et la possibilité d'induire chez certaines bactéries la synthèse de la lactase (l'enzyme permettant de décomposer le lactose) constituent une approche prometteuse. Mais l'explication résiste. Jusqu'au jour où François Jacob, assis dans un cinéma du boulevard Montparnasse devant un film qui ne le passionne guère, a soudain l'illumination, une vision nouvelle de la régulation du système lactose.

Cette fois, l'intuition est la bonne. Juste le temps pour lui d'en convaincre Jacques Monod et de la vérifier par l'expérience, et les voilà enfin lancés sur la piste. C'est ainsi qu'ils découvrent l'« opéron », lactose de la bactérie Escherichia coli, un groupement de gènes et de régulations qui permet d'expliquer l'expression des gènes bactériens. Pour cette avancée majeure, qui ouvrira la voie du génie génétique, François Jacob recevra en 1965, avec André Lwoff et Jacques Monod, le prix Nobel de physiologie et de médecine. La consécration suprême, à tout juste 45 ans. 

Depuis, la révolution moléculaire est en marche, transformant depuis ce jour, la manière de considérer et d'étudier les êtres vivants, leur fonctionnement, leur évolution. A la fin des années 1970 apparurent par exemple les premiers outils du génie génétique, qui permettent aujourd'hui à tout étudiant en biologie de purifier, découper, séquencer et recombiner à volonté l'ADN de n'importe quel organisme vivant. « De bricoler en laboratoire, comme un vulgaire moteur de 2 CV, la molécule même de l'hérédité », résumait François Jacob. 

« Il a été l'un des pionniers de la génétique. Il fait partie de la longue chaîne des chercheurs ayant participé aux révolutions de la seconde moitié du vingtième siècle de la biologie fondamentale », disait ce matin François Hollande.

 

François Jacob était Compagnon de la Libération, membre de l'Académie des sciences (1977) et de l'Académie française (1996), et avait été de 2007 à 2011 chancelier de l'Ordre de la Libération, 16e personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire. Des honneurs militaires lui seront rendus mercredi 24 avril dans la Cour d'honneur des Invalides, en présence du Président de la République.

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