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QUESTION D'ACTU

Véritable miracle

La découverte médicale de l’année est une cellule tueuse de cancers

L’ASCO, est l’association de médecins cancérologues la plus importante et la plus puissante au monde. Elle vient de nommer "Découverte de l'année en cancérologie", les Car-T Cells, la mise au point d’un traitement sur mesure, qui est capable de venir à bout de certains cancers du sang, en stade terminal. En majorité des enfants. L’histoire d’un véritable miracle, comme la médecine n’en connait pas très souvent.

La découverte médicale de l’année est une cellule tueuse de cancers Gelpi/Epictura

  • Publié 28.01.2018 à 10h40
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Depuis quelques années, on parlait d’une nouvelle technique révolutionnaire : les Car-T cells. Un nom étrange pour définir une médecine sur mesure, conçue par le génie de l’homme.

On sait que l’échec dans le traitement du cancer est celui des cellules de l’immunité qui perdent leur combat contre l’ennemi, la cellule cancéreuse qui est une cellule terroriste hyper organisée qui ne respecte plus rien à l’intérieur du corps. Isolée au début, cachée dans l’immensité du corps et la confidentialité de l’organe qui l’a vu naître et qu’elle veut détruire.

Lorsqu’ils se regroupent, ces terroristes forment d’abord des ilots de destruction – les métastases – puis prennent le pouvoir et, comme elles n’ont pas de finalité, provoquent la mort…

Dans le cas des cancers du sang, on essaie bien de tuer toutes les cellules – saines et malades – grâce à des chimiothérapies, puis de repeupler avec des cellules saines, ce que l’on appelle la greffe de moelle.  Mais lorsque les troupes sont souvent désorganisées et quand elles en sont à se tirer les unes sur les autres, c’est la guerre atomique et sa conséquence la destruction.

La technique des Car-T cells  est ambitieuse et unique !

Pour faire simple,  pour fabriquer des Car-T Cells, on prend une cellule soldat du malade, non encore contaminée ; on change sa structure interne en lui ajoutant des armes de destruction massive. Faisant d’un simple première classe docile, un élément d’élite du GIGN, motivé par le combat et surtout capable de se reproduire à très grande vitesse, lorsque qu’il sera sur la zone du combats tant que celui-ci ne sera pas gagné. Une lutte à mort, mais où l’espoir a changé de camp.

Simple en théorie ; incroyablement complexe à faire en réalité.

On peut comparer la fabrication de cette cellule à la  haute couture à l’unité,  digne des plus grandes maisons.

Il faut trois mois pour transformer le simple soldat en unité d’élite. Uniquement aux Etats-Unis et pour minimum 500 000 euros aujourd’hui.

Mais le résultat est à la hauteur : en quelques jours, lorsque ce traitement marche, un cas désespéré passe de la réanimation palliative à la guérison.

Positif et négatif

C’est, devant la multiplication de cas de guérison, que les experts de la très sérieuse ASCO, American Society of Cancer et Oncology, ont attribué aux Car-T Cells, le titre très recherché de découverte de l’année.

Sans doute aussi pour faire prendre conscience de plusieurs faits. Positifs mais aussi… négatifs

Positifs

Le raisonnement sur la mise au point de ces cellules a été fait dans un premier temps uniquement pour une forme très particulière de leucémie, un des cancers du sang les plus meurtriers. Les études suivantes ont concerné d’autres types de leucémies. Les essais débutent, depuis l’année dernière, dans  la plupart des cancers du sang, ce que l’on regroupe sous le terme de tumeurs liquides. Il est probable que le raisonnement s’appliquera assez rapidement aux tumeurs solides… c’est-à-dire la plupart des cancers.

Négatifs

Le coût. Tant que cela  concerne des cas très rares, la solidarité sait s’organiser. Vous avez certainement lus, ces dernières années, des cas d’appel à  dons pour sauver un enfant et lui faire profiter d’un traitement mystérieux aux États-Unis. CeC’est ce qu’il s’est passé avec les Car-T Cells au début. Puis l’Assurance Maladie a mis la main à la poche. D’autant que notre ministre de la santé, Agnès Buzin,  est un professeur d’Onco Hématologie de très haut niveau et qu’elle a vu – elle était présente jusqu’à l’année dernière dans ces congrès – les espoirs et les confirmation de cette nouvelle technique dans sa spécialité. Elle en connaît mieux que quiconque les enjeux et les faiblesses.

Mais si le nombre de malades éligibles à ce traitement augmente dans les proportions que prédisent les spécialistes, c’est une tout autre histoire.

Deux pistes toutefois.

La plus classique : demander un effort important aux fabricants en suscitant la concurrence qui est d’ailleurs déjà en train de se constituer.

La plus originale : passer de la haute couture au prêt à porter ! Peut-être pas aussi efficace, mais le projet est en cours de réalisation. Des CarT-Cells fabriquées en grand nombre à partir d’une cellule pas spécifique mais proche de celle des malades. Probablement moins efficace mais beaucoup moins cher.

Et enfin comme toujours reste une interrogation : les effets secondaires. A court terme ils existent, ils sont importants mais dans la plupart des cas maîtrisés. Rappelons qu’il s’agit d’une prescription dans des cas désespérés. A long terme on ne les connaît pas encore.

Pour en savoir plus :

CAR T-cells… Les explications d’un « Miracle à l’ASH » 

https://www.youtube.com/watch?v=esRVD4dz5OU&t=749s

 

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