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Errare humanum est

Erreurs médicales : 1153 signalées en 8 mois, probablement beaucoup plus en réalité

L’erreur est humaine, dit-on pour l’excuser. C’est beaucoup moins évident lorsque l’erreur survient dans la préparation d’une intervention chirurgicale. 

 Erreurs médicales : 1153 signalées en 8 mois, probablement beaucoup plus en réalité Cancerus/epictura

  • Publié 23.11.2017 à 17h57
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C’est le Parisien qui publie ce chiffre et qui le trouve peu élevé. C’est devenu pourtant une obligation pour les professionnels de déclarer leurs erreurs depuis le mois de mars. On peut d’ailleurs aller dans le sens du quotidien et penser que c’est très sous-estimé, quand on lit un article d’une revue spécialisée. Son titre : « Comment ne pas se tromper de site opératoire, de procédure ou de patient ». En clair, le site, c’est l’endroit où le chirurgien intervient ; pas la salle, mais la partie de votre corps qu’il est censé réparer.

On apprend parfois dans les médias que certains chirurgiens se trompent d’endroit ou, comme récemment, qu’ils oublient une compresse ; ce n’est pas anecdotique, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il existe une procédure : la procédure, c’est le déroulé normal de l’intervention ; c’est-à-dire que si le chirurgien doit retendre le tendon d’un doigt, et qu’à la place, il enlève le doigt : c’est ce que l’on appelle une erreur de procédure... Et comme le dit cet article : se tromper de patient, vous l’aurez compris, c’est la grosse erreur. On pensait, à tort, que ces problèmes étaient trop énormes pour exister, mais c’est pour cela que les médecins ont décidé d’écrire un document de référence que l’on appelle en médecine un consensus universel adopté par des dizaines de sociétés savantes et organisations médicales.

On pourrait donc commencer à être rassurés, mais la lecture de ce consensus l’est un peu moins, car les premiers points de ce document sont d’une effrayante banalité – du genre : il vaut mieux opérer le bon malade, au bon endroit et avec la bonne technique –, c’est gentil de le préciser. Autre précaution : marquer le malade…

Pour, je cite, identifier sans ambiguïté le site prévu de l’incision.

Le chirurgien est toujours là pour vous rassurer 

C’est très théorique. Dans la mesure où il est probable que vous n’allez pas voir le chirurgien qui va vous opérer. Il arrivera dès que vous serez endormi et prêt, ce qui lui permet de faire plusieurs interventions dans la même matinée. C’est pourquoi il faut insister sur un personnage fondamental lors d’une intervention : l’anesthésiste.

C’est lui qui fait passer tous les feux au vert. Et il est souvent, pendant l’intervention, un témoin objectif de ce qui se passe.

Alors même si ce n’est pas précisé dans la procédure, si un jour vous devez vous faire opérer, ça ne coûte rien de demander à celui qui vous endort de lui rappeler pourquoi vous êtes là, pourquoi faire, et surtout, où le chirurgien compte planter son bistouri.

Si les réponses sont les bonnes, vous pouvez vous endormir rassuré. 

De plus en plus d’interventions sont enregistrées 

Toutes les interventions sont enregistrées aux Etats-Unis, et de plus en plus en France. Mais ne vous trompez pas, ce n’est pas pour le malade, pour lui expliquer la procédure et lui fournir un souvenir, mais tout simplement parce que les procès sont de plus en plus nombreux pour leur soutirer de l’argent, pour protéger le chirurgien d’un recours malhonnête de son malade. Et il faut bien reconnaître qu’aux Etats-Unis, des cabinets d’avocats véreux s’en étaient fait une spécialité.

 

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