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Chez l'enfant

L’apnée du sommeil augmente le risque de troubles du comportement

Les enfants souffrant d'apnée du sommeil ont un risque plus élevé de troubles du comportement, d’hyperactivité et d'apprentissage, selon une étude américaine.

L’apnée du sommeil augmente le risque de troubles du comportement PIERANGELI/SIPA

  • Publié 03.04.2013 à 16h50
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Les enfants qui ont des troubles respiratoires au cours de leur sommeil, ont deux à trois fois plus de risques d’avoir ensuite des problèmes de comportement, des troubles de l’attention ou d’hyperactivité. C’est ce que met en évidence une nouvelle étude américaine chez des enfants de 6 à 11 ans.

Dans ce travail, les chercheurs de l’université d’Arizona à Tucson souhaitaient déterminer la prévalence et l'incidence des troubles respiratoires du sommeil et sa relation avec le fonctionnement neurologique. Les 263 enfants, inclus dans l'étude, ont eu des examens médicaux pour évaluer la qualité de leur sommeil : des enregistrements polysomnographiques. Ensuite, parents et enfants ont rempli une batterie de tests qui évaluaient leurs comportements. Et enfin, 5 ans plus tard, la polysomnographie et la batterie de tests ont été répétées.
Résultats : 8 % des enfants avaient des troubles, au moins une apnée par heure, au début et à la fin de l’étude. Les chercheurs ont constaté que ces problèmes étaient fortement lié au surpoids et évidemment à la présence initiale de maladies pulmonaires. Et, ils ont aussi mis en évidence de manière significative que les enfants ayant eu des troubles respiratoires avaient des scores inférieurs aux tests de comportement par rapport aux enfants qui ne présentaient aucune gêne respiratoire.
Ainsi, le risque pouvait être trois à cinq fois plus élevé selon les tests. Pour le Pr Michelle Perfect, de l’université d’Arizona, « ces problèmes se traduisent par des difficultés à l’école. Les jeunes avec des troubles respiratoires persistants avaient également trois à sept fois plus de problèmes d'apprentissage que les autres. » 

« Cette corrélation entre apnée du sommeil et troubles du comportement et de l’apprentissage, était déjà connue, mais c’est la première fois qu’on la met en évidence avec une étude comportant autant d’enfants », explique le Dr Sylvie Royant Parola, psychiatre, spécialiste des troubles du sommeil, et présidente du réseau Morphée. « Il faut noter dans cette étude que l’apnée du sommeil est très lié à l’obésité. En France, l’épidémie d’obésité chez les enfants n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. »


Ecouter le Dr Sylvie Royant-Parola
, spécilialiste du sommeil : « Les signes qui doivent alerter les parents : le ronflement, la transpiration, l’agitation pendant le sommeil, le réveil fatigué, la baisse d’attention à l’école… »
 


Quels sont les moyens de traitement ? Les auteurs de l’étude soulignent l’intérêt de l’ablation des amygdales. Il est vrai que amygdales très volumineuses peuvent gêner la respiration et entraîner dans certains cas des pauses respiratoires pendant le sommeil. Il est aussi possible chez les enfants comme chez les adultes d’utiliser des masques qui insufflent de l’air sous pression (dispositif de pression positive continu). « Ceci dit, l’opération des amygdales ou les dispositifs de PPC ne résoudront pas forcément le problème, explique le Dr Sylvie Royant-Parola. l’apnée du sommeil peut aussi être liée à un manque de place de la langue dans la bouche.


Ecouter le Dr Sylvie Royant-Parola
, « il existe une médecine orthodontique qui au bout d’une année peut donner des résultats intéressants. »
 


Quoi qu’il en soit pour le Dr Sylvie Royant-Parola, le travail des chercheurs américains rappelle qu’il faut être plus attentif à la qualité du sommeil des enfants. D’une part, parce qu’il y a des pathologies lourdes comme le syndrome d’apnée du sommeil, mais aussi parce qu’il a un impact sur l’acquisition, sur l’apprentissage, et aussi parce que le manque de sommeil influe sur la prise de poids. Autant d’arguments qui font du sommeil chez l’enfant un enjeu de santé publique. Le problème, c’est qu’en France nous manquons encore de structures qui peuvent explorer et diagnostiquer les troubles du sommeil, malgré un rapport en 2006  et un plan lancé en 2007, nous sommes toujours en retard », souligne la spécialiste.

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