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QUESTION D'ACTU

Opinion

Un médecin devrait savoir dire non

Le traditionnel « pouvoir médical » est confronté au nouveau pouvoir de « patients » de mieux en mieux informés et quasi « prescripteurs ». Une adaptation de la relation médecin-patient devient nécessaire. comme par exemple dans le mal au dos.

Un médecin devrait savoir dire non BrianAJackson/Epictura

  • Publié 16.11.2017 à 13h30
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Prenez l’exemple des antibiotiques. Presque tout le monde est d’accord pour dire que l’on en consomme beaucoup trop dans notre pays. Ce qui, à terme, se révèle catastrophique en raison du phénomène de résistance qui risque de rendre nos microbes insensibles à ces traitements et nous renvoyer à la situation dramatique des maladies infectieuses du début du XXème siècle.
Autre exemple, les arrêts de travail. Il n’y a pas un patron, pas un employé pour dénoncer untel qui tire au flanc ou untel qui est, soi-disant, restée à la maison un mal au dos imaginaire. L'assurance maladie doit y être sensible, elle qui lance aujourd'hui une grade campagne d'information sur la lombalgie.

Dans ces deux cas, on accuse le système et on désigne un coupable : le médecin généraliste qui possède le double pouvoir de prescrire des médicaments et des arrêts de travail. Mais qui apparemment n’a plus celui de savoir dire non !

Des médecins influencés par leurs patients

Car les généralistes l’avouent sans honte : « la demande de leurs patients influe sur leur prescription » et comme dit un médecin parisien « la rédaction d’une ordonnance est toujours une sorte de compromis entre ce que pense le médecin et ce que pourra faire son patient ». La négociation au cœur de l’examen médical !
Diantre, voilà une notion que l’étudiant en médecine n’apprend pas. Mais le problème est de savoir si cette référence au désir du malade est dictée par une meilleure prescription ou tout simplement de basses considérations clientélistes qui obéissent au raisonnement : si je ne le fais pas, il ira voir ailleurs. Et, comme tout le monde le sait, mon collègue et voisin n’aura pas les mêmes scrupules que moi.
Pour venir en aide à mes confrères, il faut souligner que la première cause de non-observance d’une prescription est la brutalité de sa décision. Toutefois, dire non est un mélange de discussion, d’attentisme et de directivité – pas facile – face à des patients qui ont changé, surtout à cause, ou grâce à internet.

Nouvelle relation médecin-patient

Alors, serions-nous coupables d’expliquer l’évolution de la médecine ? Peut-être un peu, mais certainement moins que le médecin qui ne se recycle pas, car mieux formés, mieux informés sur l’évolution de leur discipline, les médecins résisteront mieux à la demande du patient. Et ceux qui revendiquent une attitude assez ferme, avouent que cela leur a demandé d’abord une réflexion pédagogique à base de travail personnel et d’outils, maquettes, schémas ou tableaux, et la collaboration de leurs malades.

Ensuite, ils avouent consacrer du temps, beaucoup plus de temps que ne suppose la rétribution d’une consultation normale. Mais cela c’est une autre histoire.

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