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Phobies

Araignées, serpents : d'où vient la peur des animaux ?

La crainte des serpents et des araignées est décelable chez les enfants dès l’âge de six mois, ce qui plaide en faveur d'une origine évolutive des phobies animales.

Araignées, serpents : d'où vient la peur des animaux ? Indiana Jones face à la perspetive d'une sélection naturelle

  • Publié 22.10.2017 à 19h33
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Qui se souvient de la fosse aux serpents dans Indiana Jones ? Tout le monde, et pour une bonne raison : la phobie des serpents compte parmi les plus répandues. Environ 1 à 5 % de la population y est sujette, et plus d’un tiers d’entre nous ressentons au moins une forme d’aversion. Il en va de même pour la plupart des phobies animales, qui appartiennent au champ des phobies spécifiques (par opposition aux phobies sociales, plus complexes).

À quoi sont dues ces phobies ? Plusieurs approches existent pour les expliquer. En s’intéressant au petit Hans, Freud avait imaginé que sa terreur des chevaux résultait du refoulement d’une angoisse de castration inconsciente. Autant dire que ce point de vue n’a guère le vent en poupe aujourd’hui. Le pape du comportementaliste, Watson, s’était quant à lui illustré dans les années 20 en conditionnant le petit Albert, 1 an, à avoir peur des rats. Deux théories qui penchent plutôt vers l’acquis.

Les enfants d’abord

De nos jours, c’est le point de vue évolutionniste qui tient la corde pour les phobies animales. Avec une constante : là encore, on aime bien les enfants… L’expérience du jour, initiée au célèbre Max Planck Institute de Leipzig, a été conduite auprès de bébés qui n’en demandaient peut-être pas tant. Les chercheurs leur ont montré des images colorées où se glissait parfois un intrus : poisson – poisson – serpent ! – poisson… Idem avec des fleurs en corolle, parfois infiltrées par une grosse araignée velue.

Évidemment, les petits cobayes, âgés de six mois en moyenne, n’avaient pas le loisir de s’enfuir en courant. Pour déceler à coup sûr d’éventuelles réactions de pudique épouvante, les chercheurs ont observé les yeux des enfants. Ceux-ci, à la différence de ceux-là, ne mentent pas : sous l’effet du stress, et de la décharge de noradrénaline qui s’en suit, les pupilles tendent à se dilater par réflexe.

La peur est le chemin

Par bonheur, il s’est avéré que les bébés ont bien écarquillé les yeux face à tous ces intrus en écailles et en abdomens. « Nous en concluons que la peur des serpents et des araignées est d’origine évolutive », se félicite Stefanie Hoehl, premier auteur de l’étude. « Comme chez les autres primates, il existe des mécanismes cérébraux destinés à identifier de tels stimuli et à réagir extrêmement vite. »

Les phobies spécifiques résulteraient donc d’une prédisposition génétique imprimée par la sélection naturelle. Un mécanisme fortement « câblé », qui expliquerait la prévalence importante des phobies animales. Au bout de cinquante millions d’années à côtoyer des bestioles venimeuses comme les serpents et les araignées, l’humanité aura fini par apprendre collectivement de ses erreurs. Pour une fois.

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