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Congrès de l'AFSOS

Cancer : l’hôpital s’ouvre sur la ville, les soins de support aussi

La prise en charge ambulatoire prend de plus en plus de place dans le traitement du cancer. Une opportunité pour l’Assurance maladie, mais aussi pour les malades.

Cancer : l’hôpital s’ouvre sur la ville, les soins de support aussi VALINCO/SIPA

  • Publié 17.10.2017 à 18h36
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L’image du patient souffrant d’un cancer dans un fauteuil d’hôpital, le bras perfusé pour recevoir sa chimiothérapie, est datée. Le traitement hospitalier et les prises en charge lourdes sont encore le fardeau de nombreux patients, mais une tendance se détache : la chimiothérapie orale et la prise en charge en ville (prise en charge ambulatoire). C’était le fil conducteur du congrès de l’AFSOS, l’Association Francophone des Soins Oncologiques de Support.

50 % des chimiothérapies par voie orale en 2020

Avec l’avènement de chimiothérapies par voie orale, à plusieurs stades du traitement, les oncologues peuvent maintenant limiter le séjour des malades. La chirurgie ambulatoire permet déjà à certains patients de sortir de l’hôpital juste après leur opération. Les progrès de la radiothérapie, également, permettent désormais de limiter les dégâts faits aux zones saines, et donc une récupération plus facile.

Les chimiothérapies, elles aussi, progressent. Les traitements oraux prennent de plus en plus de place. Aujourd’hui, les comprimés et les solutions buvables représentent environ un quart des traitements, que les patients peuvent prendre à domicile. En 2020, près de 50 % des chimiothérapies anticancéreuses seront des traitements oraux. L’innovation dans le domaine du cancer profite ainsi à la prise en charge ambulatoire.

Un système gagnant-gagnant

Cette évolution a un double intérêt. Un intérêt pour les patients, tout d’abord, qui peuvent rester chez eux plus souvent, éviter les transports fatigants et rentrer plus tôt après les traitements invasifs. En passant moins de temps à l’hôpital, ils limitent aussi leur risque d’infections à germes hospitaliers, les fameuses « infections nosocomiales ». 

Le bénéfice est également important pour l’Assurance maladie. Plus de chimiothérapies orales, cela signifie pour elle moins de séjours à l’hôpital, donc moins de matériel et de personnel à financer, et moins de transports à rembourser.

« C’est un système gagnant-gagnant », explique le Dr Jean-Jacques Zambrowski, économiste de la santé, interrogé par la rédaction. « Il n’y en a pas beaucoup en santé. Il apporte un progrès évident, une meilleure qualité, une meilleure sécurité et une meilleure prise en charge ».

(Reportage réalisé au 9e congrès de l’AFSOS, à Paris, les 12 et 13 octobre)

Mieux gérer les effets secondaires

Tout ceci est forcément intéressant, mais à condition d’assurer toutes les conditions d’un suivi attentif du malade et de coordonner les soins entre les médecins de ville et le centre anticancéreux. Il en est des chimiothérapies comme il en est des soins de support, c’est-à-dire tous les traitements associés à la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie et qui permettent que ce traitement ne soit pas un calvaire.

Dans certains cas, il est même possible d’améliorer la survie des malades, comme l’a démontré une étude présentée en juin au congrès américain de cancérologie, l’ASCO, et rediscutée au congrès de l’AFSOS, à Paris, ces derniers jours. En mettant à disposition des malades traités pour un cancer en ville une application qui leur permet d'entrer en relation les uns avec les autres et d’auto-déclarer les effets secondaires ressentis, les médecins sont avertis plus vite, plus tôt et peuvent mieux les gérer et éviter les complications

« La e-santé va probablement être un des outils qui va favoriser le soin ambulatoire », explique le Dr Fabrice Denis, oncologue-radiothérapeute au Mans. Une option qui rend également service aux médecins oncologues. En gardant un lien avec leurs malades, il est possible d’envisager réduire le nombre de consultations et la charge de travail pour les services.

(Reportage réalisé au 9e congrès de l’AFSOS, à Paris, les 12 et 13 octobre)

Les soins de support en ambulatoire

L’organisation des soins oncologiques de support est impactée tout autant que les soins spécifiques par la révolution des soins ambulatoires. L’organisation de l’oncologie jusqu’à présent très (trop) hospitalo-centrée doit suivre cette évolution afin de continuer à assurer une prise en charge optimale des patients à l’extérieur des établissements de santé.

Du développement des hôpitaux de jour pour prise en charge des problèmes à toutes les phases de la maladie, de l’appui par les réseaux territoriaux ou de cancérologie, aux plateformes de suivi à domicile, en passant par l’éducation thérapeutique, des initiatives et des dispositifs émergent qui devront être accompagnés et harmonisés sur le territoire national.

 

Qu’on le veuille ou non, le développement des soins ambulatoires s’impose et l’AFSOS s’engage pour une prise en compte des besoins des malades, quitte à réorganiser les établissements de soins en oncologie.

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