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Ordre des médecins

Médecins étrangers : "Ce ne sont pas des envahisseurs"

La France compte plus de 26 000 médecins diplômés hors de France. Les praticiens roumains sont les plus nombreux. Une majorité d'entre eux sont médecins généralistes. 

Médecins étrangers : \ imagepointfr/epictura

  • Publié 13.10.2017 à 13h36
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En 10 ans, le nombre de médecins diplômés hors de France et exerçant sur notre territoire a presque doublé. En 2017, 26 805 médecins diplômés à l’étranger, dont 22 619 praticiens en exercice, sont inscrits à l’Ordre des médecins. En 2007, ils étaient 14 000, rapporte l’Atlas démographique du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) présenté le 12 octobre.

« Ces médecins ne sont pas des envahisseurs. Décider d’exercer dans un autre pays est une décision brutale qui n’est pas facile à prendre, a soulevé le Dr François Arnaud, délégué général aux relations internes du CNOM lors de la présentation de l’Atlas. Ce départ est davantage déclenché par les conditions d’exercice dans le pays d’origine que celles du pays d’accueil. »


Plus de 4 000 médecins roumains en 2017

En France, plus de la moitié des médecins formés à l’étranger viennent d’Europe. Et l’image du médecin roumain n’est pas un cliché. En 2017, plus de 40 % des médecins diplômés hors de France viennent de ce pays d’Europe de l’Est, soit 4 254 médecins. C’est 7,5 fois plus qu’en 2007. « La Roumanie est détroussée de tous ses médecins, ce qui pose un problème politique aigu dans ce pays », a souligné le Dr Arnaud. Viennent ensuite les médecins belges (16 %), italiens, allemands et espagnols.

Quelque 12 500 praticiens parcourent encore plus de kilomètres et n’hésitent pas à traverser la Méditerranée. Les médecins algériens représentent plus d’un tiers des médecins formés hors de l’UE. Des praticiens syriens, marocains, tunisiens et malgaches viennent aussi s’installer en France.


Source : CNOM

Des médecins français diplômés à l’étranger

Parmi ces 26 000 médecins formés à l’étranger, un certain nombre sont de nationalité française. Il s’agit souvent d’étudiants qui ont échoué en première année de médecine dans les universités de l’Hexagone et qui décident de tenter leur chance ailleurs. La Roumanie et la Belgique sont les destinations privilégiées de ces étudiants.

Selon le CNOM en 2017, 817 Français ou naturalisés ont obtenu leur diplôme en Roumanie. A cela s’ajoutent 250 étudiants français revenus dans le pays pour passer le concours de l’internat et ainsi obtenir un diplôme français.

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Main-d'œuvre hospitalière

Près de deux tiers de ces professionnels de santé sont salariés. Ils représentent, en effet, une source importante de médecins pour les établissements hospitaliers. A eux seuls, les diplômés européens occupent plus de 900 postes d’anesthésiste-réanimateur et plus de 300 postes de chirurgien.

Néanmoins, la médecine générale reste la spécialité la plus exercée par ces médecins étrangers. Environ 1 800 praticiens diplômés en Europe, dont 979 diplômés en Roumanie, exercent en tant que généralistes en 2017.

Ne comblent pas les déserts médicaux

Et à l’image de leurs confrères formés en France, ces médecins étrangers ne s’installent pas dans les déserts médicaux. Les cartes de l’Atlas du CNOM sont saisissantes : ces praticiens s’installent le long des frontières belge et allemande, ainsi qu’en Ile-de-France ou au bord de la Méditerranée. « Les médecins étrangers ne servent pas à combler nos déficits d’offre de soins en médecine de ville et à l’hôpital. Au contraire, ils aggravent les disparités, mais cela n’est pas de leur faute, car ils ont raison de s’installer où ils le souhaitent », a commenté le Dr Arnaud.


Source : Les points rouges représentent les zones déficitaires en médecins. Les installations des médecins, tous exercices confondus, sont représentées par les points bleus, CNOM.

Pour le CNOM, ces observations montrent bien que les incitations financières allouées dans les zones sous-denses n’ont pas plus d’effet sur les médecins français que sur les étrangers. Il faut donc trouver une nouvelle réponse. « Il faut se pencher sur le problème à l’échelle européenne, et ce qui compte, c’est de modifier les conditions d’exercice », a indiqué le délégué général aux relations internes du CNOM. « Le temps est venu d’être politiquement efficace », a lancé le Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre lors de la présentation de la 11e édition de l’atlas.

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