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Pour le coeur et les poumons

Chirurgie : une colle referme les plaies en 60 secondes

Des chercheurs australiens et américains ont développé un matériau sous forme de gel qui peut, entre autres, être utilisé en remplacement des sutures, notamment sur le cœur.

Chirurgie : une colle referme les plaies en 60 secondes Université de Sydney

  • Publié 06.10.2017 à 15h09
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Le matériau développé aux universités de Sydney (Australie), Northeastern et Harvard (États-Unis), et au Beth Israel Deaconess Medical Center de Boston, baptisé MeTro, pourrait bien changer la manière de travailler des chirurgiens. Pour l’instant, pour refermer les plaies causées par un trauma ou par leur bistouri, ils suturent en principe avec des fils ou des agrafes.

MeTro, qui se présente sous forme d’un gel, pourrait être bien plus efficace et pratique à utiliser. Il serait capable de refermer les plaies en à peine une minute et pourrait être utilisé sur la peau, comme sur les organes internes.

Un joint de salle de bains pour tissus humains

Le matériau combine une protéine présente naturellement dans les cellules humaines, la tropoélastine, avec un polymère. Son application est relativement simple : il se présente sous forme d’un gel, qu’il est facile d’injecter à l’endroit souhaité. Ensuite, il suffit de l’exposer aux UV pendant quelques dizaines de secondes pour qu’il prenne sa forme définitive, et scelle les plaies.

« La beauté de la formulation du MeTro réside dans sa capacité à former un gel solide dès son entrée en contact avec les surfaces des tissus, limitant ainsi le risque de couler », explique Nasim Annabi, chercheuse au département d’ingénierie chimique de l’université Northeastern, et l’une des auteurs de l’étude. L’exposition aux UV permet ensuite de le faire adhérer en profondeur dans la structure des tissus, et les interstices créés par les plaies.

Il fonctionne, d’après les chercheurs, un peu comme un joint de silicone pour salle de bains : son application et son infiltration sont facilitées par son aspect liquide, et sa stabilité par son durcissement.

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Utilisable sur le cœur et les poumons

Autre avantage du produit : son élasticité sous sa forme finale en fait un matériau idéal pour une utilisation sur des organes très mobiles et eux-mêmes continuellement soumis à des transformations élastiques, comme le cœur, les vaisseaux sanguins et les poumons.

Les résultats de l’étude menée in vitro sur ces organes, et in vivo sur des rats et des poumons de porc, sont publiés dans la revue Science Translational Medicine. Ils ont montré, en plus de son efficacité, une bonne tolérance biologique.

Chirurgie, blessures de guerre, accidents de voiture

« Les applications potentielles sont importantes, estime le Pr Anthony Weiss de l’université de Sydney, co-auteur de l’étude. Elles s’étendent du traitement de blessures internes graves dans des situations d’urgence, comme un accident de voiture ou dans les zones de guerre, au bloc opératoire pour améliorer la chirurgie hospitalière. »

Pour valider leur matériau, les chercheurs vont maintenant passer aux essais cliniques sur l’humain. « Nous sommes prêts à débuter les tests sur l’homme, poursuit le Pr Weiss. J’espère que le MeTro sera bientôt utilisé en pratique clinique, et qu’il sauvera des vies. »

Un pansement connecté

Les dispositifs de cicatrisation ont la cote chez les chercheurs. Ils utilisent de nouveaux matériaux, mais aussi parfois les nouvelles technologies. C’est par exemple de cas à l’université du Nebraska et à Harvard (États-Unis). Les scientifiques y ont développé un pansement connecté destiné à soigner les plaies chroniques des diabétiques par exemple, mais aussi des blessures sur les champs de bataille.

Le pansement est composé de fibres conductrices tissées dans un gel, et reliées à un smartphone via une petite puce électronique. Le gel peut contenir de nombreuses substances – antibiotiques, facteurs de croissance, antalgiques ou autres –, qui seront diffusées grâce au téléphone relié.

Sur commande, les fibres peuvent être activées. En chauffant, elles libèrent la substance contenue dans le gel, et donc sur la plaie. Elles peuvent même être activées individuellement, permettant ainsi de choisir la zone de la plaie à traiter en priorité.

« Il est possible de libérer plusieurs médicaments, avec différents profils de diffusion, explique Ali Tamayol, ingénieur matériaux à l’université du Nebraska, et l’un des auteurs de l’étude. C’est un gros avantage par rapport aux autres systèmes. »

Pour l’instant, des tests sur les animaux sont encore nécessaires, avant de passer aux essais cliniques sur l’homme. Il faudra donc encore attendre plusieurs années, même si les chercheurs comptent sur un avantage : la plupart des composants du pansement ont déjà été validés par la FDA, l’agence américaine du médicament.

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