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Nalméfène, baclofène…

Alcoolo-dépendance : les études sur les molécules peu fiables

Des chercheurs ont étudié les données relatives à cinq molécules utilisées dans le traitement de l’alcoolo-dépendance. Les résultats ne sont pas concluants.

Alcoolo-dépendance : les études sur les molécules peu fiables belchonock/epictura

  • Publié 22.09.2017 à 11h37
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Les traitements médicamenteux contre l’alcoolo-dépendance, ce n’est pas la panacée. Tel est en tout cas le constat d’une étude publiée dans la revue Addiction, qui s’est penchée sur l’efficacité de plusieurs molécules utilisées pour réduire la consommation d’alcool chez les personnes dépendantes et limiter la sensation de manque.

Les travaux se sont ainsi intéressés à cinq molécules : le nalméfène (vendu en France sous le nom de Selincro), la naltrexone, l'acamprosate, le baclofène et le topiramate. Les chercheurs ont passé en revue 32 essais randomisés en double-aveugle, menés entre 1994 et 2015, sur un total de 6036 patients.

Biais méthodologiques 

Les résultats montrent l'absence de preuve d'efficacité de toutes ses molécules. Aucune n’a démontré un bénéfice sur la santé des patients – ni sur la réduction de la consommation, ni sur la sensation de manque ou l’amélioration du bien-être. Quelques études ont montré un effet sur la réduction de la consommation, mais les travaux en question comportaient un risque élevé de biais, notent les chercheurs.

Ainsi, la plupart des résultats émanant de ces études ne sont pas fiables, en raison d’une exagération de l’efficacité du médicament étudié, expliquent les auteurs. Dans le détail, 26 études (soit 81 %) produisent des données « peu claires » ou « incomplètes » en raison du nombre élevé de rétractations parmi les participants.

Par ailleurs, 17 études (53 %) ont donné lieu à des résultats biaisés car les protocoles ne comportent aucun numéro d’enregistrement, qui aurait permis de produire d’autres recherches pour vérifier les résultats rapportés.

Une efficacité à démontrer 

« Alors que nos travaux se basent sur toutes les données disponibles dans le domaine public, nous n’avons pas pu trouver de preuve claire d’un bénéfice lié à l’utilisation de ces médicaments pour contrôler la consommation d’alcool. Cela ne signifie pas que ces traitements ne sont pas efficaces ; cela veut dire que nous ne savons pas encore s’ils le sont ».

Pour évaluer l’efficacité exacte de ces molécules, d’autres études seront nécessaires, de meilleure qualité. Cette étape sera nécessaire « afin de fournir aux régulateurs des preuves permettant de faire de ces traitements une stratégie efficace de réduction es risques », concluent les chercheurs.

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