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QUESTION D'ACTU

Dr Patrick Portecop

Ouragan Irma : "La population a besoin de soutien psychologique"

ENTRETIEN. La quasi-totalité de l'île de Saint-Martin a été détruite par l'ouragan Irma. L'hôpital, bien que détruit, continue à prendre en charge les blessés.  

Ouragan Irma : \ Gilles Morel/SIPA

  • Publié 10.09.2017 à 16h33
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C’est un soulagement pour la population de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Eprouvés par l’ouragan Irma, les habitants de ces îles des petites Antilles semblent avoir été épargnés par le cyclone José.

Mais si les vents de 250 km n’ont pas aggravé la situation, le chaos règne toujours sur ces deux îles paradisiaques. Les tensions au sein de la population de Saint-Martin sont plus que palpables. A l’entrée de l’aérogare de St Martin, des dizaines de familles se pressent pour fuir « l’enfer ». L’énervement est tel que des bagarres ont éclaté. Pour assurer la sécurité, le président Emmanuel Macron a ordonné l’envoi de militaires et policiers supplémentaires.

Le Dr Patrick Portecop, directeur du Samu et du Smur au CHU de Guadeloupe, a visité ces îles meurtries juste après le passage d’Irma. Il faisait partie de la première mission d’évaluation et de reconnaissance envoyée sur place en compagnie de la ministre des Outre-Mer, Annick Girardin. Il raconte à Pourquoidocteur ce qu’il a vu.

Quelle est la situation sur place ?
Dr Patrick Portecop :
A Saint-Martin, j’ai constaté une situation de désolation et de chaos total. Le passage du cyclone a véritablement anéanti les habitations, et même ce qui avait été reconstruit et qui devait résister n’a pas tenu.

Mais heureusement, nous n’observons pas trop de morts et de victimes contrairement à ce que l’on peut observer dans le Pacifique pour un tel phénomène avec des rafales de vent de plus de 350 km/h. Les habitants de ces îles ont l’habitude des ouragans et respectent les consignes de sécurité.

En revanche, j’ai pu constater des problèmes d’insécurité. Des personnes, peut-être contraintes par la faim, dévalisent les magasins. Malheureusement, les pillages ne concernent pas seulement l’alimentaire. Tous les commerces se font détroussér, et parmi eux les pharmacies. Ce qui m’inquiète beaucoup car on ne peut pas imaginer qu’elles soient détruites par autre chose que la nature. Les forces de l’ordre vont donc sécuriser les pharmacies, mais aussi les cabinets médicaux et les dispensaires.

S’agissant de Saint-Barth, il y a moins de dégâts car les habitations y sont plus robustes et la population est moins importante. La collectivité est également plus favorisée que celle de Saint-Martin.


L’hôpital de St Martin est aussi mal en point…
Dr Patrick Portecop : En effet, l’hôpital est lui aussi en difficulté. Le toit a été emporté en grande partie. Il faut aussi souligner que les professionnels de santé qui y travaillent sont doublement sinistrés. Alors que la plupart ont perdu leur maison, ils ont quand même l’énergie pour revenir à leur postes et s’occuper des blessés. Environ 50 personnes par jour se présentent à l’hôpital. Heureusement ce n’est que de la petite traumatologie qui peut être prise en charge par les équipes sur place, soutenues par des membres du SAMU de Guadeloupe et de Martinique, les réservistes de l’EPRUS et les sapeurs-pompiers.

En parallèle, nous avons évacué 16 blessés vers le CHU de Pointe-à-Pitre, et nous nous apprêtons à en évacuer d’autres.


De quoi avez-vous besoin ?
Dr Patrick Portecop :
Toute les composantes de l’aide nationale sont représentées, mais celles-ci doivent monter en puissance dans les prochains jours afin de répondre à l’angoisse croissante des populations.

Il faut également améliorer l’accès aux îles. Pour l’instant, les terrains d’aviation sont praticables pour les vols spéciaux mais pas les vols commerciaux. Et les structures portuaires ne sont pas tout à fait fiabilisées.

La population a besoin, quant à elle, d’abris, d’eau, de médicaments et d’aide médico-psychologique pour se relever de ce traumatisme. 

 

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