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QUESTION D'ACTU

Dangers pour la santé

L'Europe divisée sur les perturbateurs endocriniens

L’Autorité européenne de sécurité des Aliments relativise les effets nocifs de ces substances alors que le Parlement européen voudrait appliquer le principe de précaution.

L\'Europe divisée sur les perturbateurs endocriniens Gerard Lacz / Rex Featu/REX/SIPA

  • Publié 20.03.2013 à 19h02
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Les fruits et les légumes ne sont pas les seuls concernés, les  céréales, les pâtes mais aussi les petits gâteaux à base de blé contiennent des traces d'insecticides. C’est la conclusion aussi étonnante qu’inquiétante du rapport Exppert établi par l’association écologiste, Générations futures. Plusieurs produits alimentaires ont été analysés. Générations Futures a alors découvert que 75% des douze aliments testés avaient des traces de perturbateurs endocriniens. L'association précise néanmoins que ces traces ne dépassaient jamais les limites maximales autorisées.  « Il est urgent d'agir dès aujourd'hui pour réduire au maximum l'exposition du public à ces substances », explique François Veillerette, porte-parole de l'association. 

Le Parlement de Strasbourg a devancé  cet appel en adoptant la semaine passée un rapport très ferme contre l’usage des perturbateurs endocriniens.  Les députés européens invitaient la Commission à adopter le principe de précaution pour protéger la santé humaine.

Les défenseurs de la cause ont salué ces conclusions mais leur satisfaction aura été de courte durée. Très attendu, le rapport de l’Autorité européenne de sécurité des Aliments  (Efsa) devait fournir les critères qui permettent de ranger ou non ces molécules de synthèse dans la catégorie des perturbateurs du système hormonal. Autrement dit, condamner ou non ces produits, comme la France l’a fait, par exemple, avec les biberons en plastique. 
A l’arrivée, rien de cela. « Il n'existe pas de critère scientifique spécifique défini pour distinguer les effets nocifs potentiels des l’évaluation doit se faire  au cas par cas.  par rapport à une régulation normale des fonctions corporelles, ou "réponses adaptatives", indique l'agence européenne.  L’Efsa propose de classer les perturbateurs en deux catégories : les substances endocriniennes actives,  jugées acceptables pour l’organisme, et les  perturbateurs endocriniens , potentiellement nocifs. Une classification qui laisserait toute latitude aux lobbies de l’agro-alimentaire  pour orienter les décisions. De plus, des produits chimiques regroupent 800 substances.

Dans un rapport publié en février dernier, le Programme des Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé, eux, étaient beaucoup plus directs en parlant de  « menace mondiale ».  Le taux global de cancers liés au système endocrinien a augmenté sur les 40 à 50 dernières années, constatait  le rapport onusien. «La question n’est plus de savoir si l’épidémie de maladies chroniques est liée aux perturbateurs endocriniens, commentait dans Libération un responsable du Réseau Environnement et santé mais à quel point ces derniers y contribuent et quel est le coût humain et social de chaque jour perdu à ne pas prendre le problème à bras-le-corps».

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