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QUESTION D'ACTU

Cortex cérébral

Pourquoi le bâillement est contagieux

La sensibilité au bâillement des autres est lié à l’excitabilité du cortex moteur. Une découverte qui aide à comprendre le syndrome de La Tourette.

Pourquoi le bâillement est contagieux larkery/flickr

  • Publié 03.09.2017 à 17h21
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Deux, sept, dix… Un bon bailleur ferait bailler plusieurs de ses semblables, d’après le proverbe. Ce phénomène a été démontré, et s’appelle le bâillement contagieux. Il concerne environ deux tiers de la population.

Une étude de l’université de Nottingham (Royaume-Uni) tente de comprendre les mécanismes régissant ce phénomène. Les études précédentes sur le sujet avaient évoqué l’empathie pour l’expliquer. Les chercheurs britanniques avancent une autre explication. Ils ont observé que l’excitabilité d’une partie du cerveau, le cortex moteur, était liée à la sensibilité au bâillement contagieux.

Inégaux devant le bâillement

Pour ce faire, les chercheurs ont recruté 36 personnes. Dans un premier temps, ils ont stimulé leur cerveau grâce à des électrodes dirigées vers le cortex moteur. Cette zone est associée aux actions d’anticipation et de mouvement. Ils ont alors pu mesurer l’activité nerveuse en réponse aux stimuli, et ainsi classer les participants à l’étude selon la capacité de la zone à être excitée.

Ils ont ensuite diffusé des vidéos de personnes en plein bâillement. Ils ont alors remarqué que ceux qui étaient les plus sensibles au bâillement contagieux étaient précisément ceux dont le cortex moteur était le plus « excitable ».

« Certains d’entre nous ont un réseau moteur particulièrement sensible, et sont très susceptibles au bâillement contagieux, alors que d’autres le sont moins », résume Stephen Jackson, professeur de neurosciences cognitives à l’université de Nottignham, et auteur principal de l’étude.

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Esprit de contradiction

Ils ont aussi extrait une autre information. La moitié des participants pouvait céder à son envie de les imiter, alors que l’autre devait résister. Et, paradoxalement, ceux qui ne devaient pas bailler étaient finalement ceux qui le faisaient le plus, et qui rapportaient en avoir le plus envie.

Dans une autre expérience, les chercheurs ont volontairement excité le cortex moteur des participants avant de reproduire le test de contagion. Celle-ci était alors favorisée.

Inverser le mécanisme

Ces informations permettent de mieux comprendre le fonctionnement du réflexe, et donnent des éléments de compréhension pour d’autres phénomènes plus handicapants. En comprenant ce qui nous fait bailler, et ce qui déclenche cette envie irrépressible, elles pourraient aider les médecins à comprendre d’autres affections.

Ils pourraient par exemple trouver une manière de faire baisser cette excitabilité chez les personnes atteintes de la maladie de Gilles de La Tourette, afin de limiter la fréquence et l’intensité de leurs mouvements et paroles involontaires.

« En étudiant le bâillement contagieux, nous tentons de mieux comprendre les mécanismes cérébraux engagés dans les tics, ajoute le Pr Jackson. Si nous pouvions comprendre comment les altérations de l’excitabilité corticale déclenchent les désordres neuronaux, nous pourrions potentiellement les inverser ».

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