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Congrès de l’ASCO

Cancer : la méditation aide à réduire l’angoisse des patients

Les psychothérapies sont efficaces pour réduire le stress des patients qui souffrent d’un cancer. Ils contrôlent plus facilement leur angoisse et sont plus sereins sur l’avenir.

Cancer : la méditation aide à réduire l’angoisse des patients photographee.eu/epictura

  • Publié 03.06.2017 à 14h39
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Prendre du recul sur sa maladie afin de mieux vivre avec. Cela peut sembler plus facile à dire qu’à faire. Pourtant, un soutien psychologique adapté réduit l’anxiété des personnes qui souffrent ou ont souffert d’un cancer. C’est ce que montrent deux essais menés en Australie et au Canada. Leurs résultats ont été présentés au congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), qui se tient à Chicago (Etats-Unis) du 2 au 6 juin.

Se préparer à l’inévitable

Ces études partagent une approche commune. Des deux côtés de l’Equateur, les psychologues ont enseigné aux patients un mode de réflexion proche de la méditation. Il consiste à apprendre comment accepter l’incertitude, contrôler ses angoisses et surtout se concentrer sur le présent.

Au Canada, 305 patients atteints d’un cancer de stade avancé ont été recrutés. Au cours de leur traitement, la moitié d’entre eux a bénéficié de 6 séances auprès d’un thérapeute, qui les a préparé à l’éventualité des soins palliatifs.

Le sujet effraie, à raison, mais les personnes qui ont rencontré un psychologue se sentent moins angoissés. Elles se disent plus prêtes et capables d’évoquer ouvertement leurs inquiétudes.

Des bénéfices à 6 mois

Trois mois après l’intervention, les symptômes d’une dépression ont reculé chez la moitié des malades qui en ont bénéficié. Dans le groupe contrôle, seul un tiers des patients témoigne de cette amélioration.

« Ces brèves séances de thérapie par la parole aident les patients, et leurs proches, à faire face à un cancer de stade avancé, à se concentrer sur ce qui fait sens dans leur vie malgré les limites, et à affronter l’avenir », estime Gary Rodin, principal auteur de ces travaux.

Les bénéfices de cette approche sont encore plus marqués six mois après la thérapie. 64 % des malades se sentent moins déprimés, contre 35 % dans le groupe contrôle.

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La peur de la rechute

Cette même technique se montre efficace auprès des plus chanceux : ceux qui sont en rémission d’un cancer. En Australie, l’université de Sydney en a fait l’expérience auprès de 222 personnes. Un groupe a servi de contrôle, l’autre a bénéficié de cinq séances auprès d’un thérapeute. Là encore, les volontaires ont appris à gérer leur inquiétude.

Le niveau d’anxiété des patients a été évalué à l’aide d’une échelle allant jusqu’à 168. Avant l’intervention, les participants étaient en moyenne au-dessus de 80 points. Trois mois après, ils se disaient plus sereins et moins en proie à la peur.

Un patient sur deux concerné

Chez les personnes qui ont suivi les séances de psychothérapie, le score d’anxiété a reculé de 27 points. Dans l’autre groupe aussi les craintes ont régressé, mais de 18 points seulement. A 6 mois, les bénéfices sont encore plus marqués.

« La majorité des participants étaient des femmes jeunes souffrant de cancer du sein, reconnaît Jane Beith, qui a coordonné les recherches. Mais nous espérons que ce type d’intervention sera adapté à d’autres patients, peu ou très inquiets d’une récidive. » L’utilité d’une telle stratégie est réelle. Selon les estimations de la chercheuse, la moitié des personnes en rémission craignent de subir une rechute.

 

La thérapie à distance apaise les esprits

Que ce soit par manque de temps ou de moyens, certains patients souffrant d’un cancer ne bénéficient pas d’un soutien psychologique. Celui-ci est pourtant nécessaire. Sur la base de ce constat, l’hôpital universitaire de Bâle (Suisse) a développé une approche à distance, s’appuyant sur un portail Internet. 129 malades en cours de traitement l’ont testée.

Pendant 8 semaines, les patients ont profité de séances hebdomadaires, chacune sur un thème différent – comme les manifestations physiologiques du stress. Au terme des travaux, le niveau de stress a considérablement reculé. Sur une échelle de 0 à 10, l’anxiété est passée d’une moyenne de 6 à 4. Cela correspond à une transition d’un stress élevé à modéré.

« Les nouvelles technologies offrent de nouvelles opportunités, se félicite le Dr Viviane Hess, qui a dirigé l’étude. Il semble que les psychologues parviennent tout de même à créer un lien thérapeutique, via ces contacts en ligne. »

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