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QUESTION D'ACTU

Plainte de 23 enfants

Un directeur de banque du sperme aurait remplacé celui de donneurs par le sien

Les familles de 23 enfants issus d’un don de sperme accusent le directeur de la banque d'avoir remplacé le sperme des donneurs par le sien.

Un directeur de banque du sperme aurait remplacé celui de donneurs par le sien Affiche du film Fonzy (StudioCanal)

  • Publié 13.05.2017 à 07h56
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« C’est un droit fondamental de savoir d’où l’on vient ». Tim Bueters, un avocat néerlandais, défend 23 personnes nées depuis les années 1980, dans leur combat pour déterminer l’identité de leur père biologique. Ils soupçonnent l’ancien directeur d’une banque de sperme, Jan Karbaat, d’avoir trompé ses clients, leurs parents, en remplaçant le sperme des donneurs qu’ils avaient choisi par le sien.

« Sur le papier, mes enfants sont du même donneur, a expliqué à l’AFP Esther Heij, la mère de deux des plaignants. Des analyses sont en cours, mais il n’est pas clair qu’ils soient bien frère et sœur. Ma fille a des ressemblances avec Karbaat. »

Un don pour l’humanité

L’ancien directeur de cette banque de sperme de Rotterdam (Pays-Bas), décédé en avril, aurait avoué avec fierté en 2010 à l’une des plaignantes, Moniek Wassenaar, qu’il avait parfois utilisé son propre sperme.

« Il était en bonne santé et intelligent, il pouvait donc partager un peu de ses gènes avec le monde, a-t-elle récemment déclaré dans la presse néerlandaise. Il voyait cela comme quelque chose de noble. » Il aurait même avoué avoir répété l’opération une soixantaine de fois.

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De nombreuses irrégularités

Et ce n’est pas le seul élément à charge contre le géniteur en série. Son centre médical a été fermé en 2009 pour des irrégularités administratives et de nombreuses plaintes. M. Karbaat aurait falsifié des documents sur les donneurs, notamment sur leurs descriptions, et outrepassé le nombre maximum de six enfants par donneur.

« Il n’y a même pas le début d’une preuve que M. Karbaat a lui-même été le donneur », a lancé l’avocate de sa veuve. Avant de mourir, l’homme s’était en effet protégé. Il a stipulé dans son testament l’interdiction de procéder à des prélèvements ADN sur sa personne.

Mais la justice tente de contourner ce problème. Le 2 mai dernier, des objets ont été saisis à son domicile par un huissier de justice, et des analyses pourraient être effectuées sur une brosse à dents, ou d’autres effets personnels. Le jugement sera rendu le 2 juin prochain.

Nécessité thérapeutique

Cette histoire rappelle celle d’un médecin américain, le Dr Donald Cline qui, à 77 ans, a été accusé l’année dernière d’avoir inséminé jusqu’à 50 personnes de sa clinique avec son propre sperme. En 2014, l’une des bébés éprouvette avait tenté de connaître sa filiation, et s’était rendue compte d’un lien génétique avec huit autres personnes issues du même établissement.

En France, le don de sperme est anonyme et gratuit. Le droit n’autorise la diffusion d’informations sur le donneur qu’en cas de « nécessité thérapeutique ». Concrètement, cela signifie que si un donneur développe tardivement une maladie génétique rare, cette information pourra être transmise aux enfants nés de ses gamètes.
De même, si un enfant receveur développe une maladie héréditaire récessive, le CECOS (Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains) peut en informer le donneur, pour qu’il fasse tester ces propres enfants, comme l'explique Jean-François Guérin, président de la commission d'éthique des CECOS.

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