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Titane, silice...

Nanomatériaux : étiquetage obligatoire dans l'alimentation

Les nanomatériaux contenus dans l'alimentation devront figurer sur les étiquettes. Le risque pour la santé est à l'étude.

Nanomatériaux : étiquetage obligatoire dans l'alimentation anyaberkut/epictura

  • Publié 11.05.2017 à 16h27
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  • Mise à jour le 11.05.2017 à 17h44
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La liste des ingrédients, nanomatériaux compris ! Dès le 12 mai les industriels devront renforcer l’information à destination des consommateurs concernant les nanomatériaux contenus dans l’alimentation. Un arrêté paru au Journal Officiel ce mercredi impose aux fabricants et aux distributeurs de préciser sur les emballages si les denrées alimentaires contiennent des nanomatériaux et, si oui, lesquels.

« Tous les ingrédients des denrées alimentaires qui se présentent sous forme de nanomatériaux manufacturés sont indiqués clairement dans la liste des ingrédients. Le nom des ingrédients est suivi du mot « NANO » entre crochets », précise l’arrêté.

E551, E171...

Les nanomatériaux manufacturés ont une taille de l’ordre du millième de millimètre. Ils entrent dans la composition d’une grande variété de produits de la vie courante –textiles, aliments, peintures, cosmétiques… « Des incertitudes scientifiques demeurent concernant l'impact sur la santé humaine de nanomatériaux manufacturés contenus dans les denrées alimentaires », peut-on lire dans l’arrêté.

La silice amorphe, additif antiagglomérant couramment utilisé dans le sucre (E551), ou le dioxyde de titane (E171), colorant blanchissant également répandu (en confiserie notamment) ou encore le nano-argent, se retrouvent sous la forme de minuscules particules dans les produits alimentaires. Ces nanoparticules possèdent des propriétés physico-chimiques spécifiques, différentes de celles de la forme non nanotechnologique du même matériau.
 

Cancérogénèse

En janvier, une étude menée par l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) sur des rats exposés par voie orale au dioxyde de titane a montré pour la première fois que chez l’animal, le nanomatériau pénétrait la paroi intestinale et se retrouvait dans l’organisme. Des troubles du système immunitaire liés à l’absorption de la fraction nanoparticulaire de l’additif ont ainsi été observés.

Une exposition orale chronique au E171 était associée à la formation de lésions prénéoplasiques dans le côlon (stade non malin de la cancérogenèse) chez 40 % des animaux exposés. « Ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans toutefois permettre d’extrapoler ces conclusions à l’Homme et pour des stades plus avancés de la pathologie », écrivent les auteurs des travaux publiés dans Scientific Reports.

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Réduire l'exposition  

Sur la base de ces travaux, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) a récemment émis de nouvelles recommandations et préconisé de réduire progressivement l’exposition de la population aux nanomatériaux dans les denrées alimentaires.

L’arrêté publié ce 10 mai impose d’informer le consommateur lorsque la teneur en nanoparticules est supérieure à 10 %, conformément aux recommandations des autorités sanitaires européennes.

Par « nanomatériau manufacturé », le législateur entend « tout matériau produit intentionnellement présentant une ou plusieurs dimensions de l'ordre de 100 nm ou moins, ou composé de parties fonctionnelles distinctes (…) y compris des structures, des agglomérats ou des agrégats qui peuvent avoir une taille supérieure à 100 nm mais qui conservent des propriétés typiques de la nanoéchelle ».

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