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Essai clinique en cours

VIH : un candidat-médicament cible les réservoirs

Les réservoirs à VIH pourraient être éradiqués. Un candidat-médicament s’y attaque. Il réduit le nombre de copies du virus dans certaines cellules du sang.

VIH : un candidat-médicament cible les réservoirs ezumeimages/epictura

  • Publié 03.05.2017 à 12h27
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Le candidat-médicament n’a pas encore de nom, juste un code. Mais il est très attendu. Et pour cause, ABX464 a l’ambition de s’attaquer aux réservoirs du VIH. Aucun des médicaments aujourd’hui disponibles n’y est encore parvenu. Un essai clinique de phase IIa est en cours en Belgique, en France et en Espagne. La société qui le dirige, Abivax, a communiqué des données préliminaires qui semblent encourageantes.

La charge virale recule

Le candidat-médicament a été testé sur 30 patients séropositifs pendant 28 jours. Pour empêcher la propagation du virus, ABX464 stoppe la production de protéines virales dans le noyau des lymphocytes, cellules hôtes du VIH. Parmi les volontaires, certains ont reçu la molécule, en plus de leur trithérapie habituelle, et les autres un placebo.

ABX464 est bien toléré et ne provoque pas d’effets indésirables graves. Il permet surtout un recul de la charge virale. Les coordinateurs de l’étude se sont concentrés sur un biomarqueur qui permet d’observer l’évolution des réservoirs à virus : la quantité d’ADN viral dans certaines cellules immunitaires sanguines. Le nombre de copies recule de 40 % en moyenne.

« C’est la première fois que nous observons un signal (…) démontrant qu’il serait possible de réduire les réservoirs de VIH chez les patients, » se félicite l’un des investigateurs en Belgique, le Pr Linos Vandekerckhove. C’est un bon signe, puisque la charge virale affecte la progression de l’infection. Mais cette réduction reste insuffisante et devra être corrigée à l’avenir.

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Des biopsies rectales prévues

Au programme des améliorations figure aussi le temps de rebond de la charge virale. Par rapport au placebo, ABX464 ne ralentit pas le délai nécessaire pour que le virus recouvre son activité. 13 jours après l’arrêt du traitement, la progression reprend.

Ce paramètre devra, lui aussi, faire l’objet de corrections. « De toute évidence, plus de recherches et plus de résultats cliniques seront nécessaires pour atteindre cet objectif », confirme le Pr Hartmut Ehrlich, Directeur Général d’Abivax.

Le message n’en reste pas moins positif. Les Français d’Abivax ont prévu de capitaliser sur ce signal encourageant. La société annonce le lancement d’un essai approfondi, dont les résultats sont attendus pour le 3e trimestre de l’année 2017.

Cette étude a pour objectif d’observer l’impact du candidat-médicament sur les réservoirs situés dans les tissus de l’intestin. Les volontaires se soumettront à une biopsie rectale au terme de l’étude. Les échantillons permettront de quantifier la charge virale et l’inflammation dans ces réservoirs.

 

Des réservoirs bien cachés

Le VIH a la capacité de s'introduire dans les lymphocytes, cellules impliquées dans la production d'anticorps. Lorsqu'il les infecte, le virus s'y multiplie, les tue, et migre vers d'autres cellules. Sans traitement, il finit par détruire le système immunitaire. Les traitements antirétroviraux permettent de stopper cette propagation. Mais ils ne parviennent pas à toucher les réservoirs du virus.

Ces réservoirs sont en fait des lymphocytes dormants infectés par le VIH. Le virus s'y introduit sans se multiplier. Il dort mais d'un oeil seulement. Dès que le patient interrompt son traitement, le VIH quitte ces réservoirs et reprend la destruction du système immunitaire. Ces lymphocytes infectés dormants sont peu nombreux, mais aucun marqueur ne permet de les repérer. Récemment, une équipe de Montpellier (Hérault) a identifié une molécule qui n'est présente qu'à la surface de ces cellules.

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