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QUESTION D'ACTU

Dr Eric Galam

Burn-out : « La souffrance du soignant est le reflet de la société »

Pour prendre soin de ceux qui nous soigne, 7 associations d’aide aux soignants et l’Ordre des médecins s’allient dans une Fédération.

Burn-out : « La souffrance du soignant est le reflet de la société » SimpleFoto/epictura

  • Publié 28.04.2017 à 07h45
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Les fragilités des soignants sont de plus en plus visibles. Mais aussi de plus en plus écoutées et prises en compte. En ce début de semaine, deux évènements étaient consacrés aux souffrances de ceux qui nous soignent, un congrès européens ainsi qu’un colloque franco-français organisés tous les deux à Paris.

A l’esprit de tous les participants, une phrase du serment d’Hippocrate : « J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité ». Plusieurs associations d’aide aux soignants ont été créées depuis le début des années 2000. Elles sont surtout un soutien local ou régional. Mais face aux besoins de leurs confrères, elles ont décidé de s’allier. Le Conseil de l’Ordre national des médecins et 7 associations d’aide aux professionnels de santé ont ainsi annoncé la création d’une fédération nationale.

L’objectif est d’abord de créer un maillage sur tout le territoire et de partager les savoir-faire et compétences de chaque organisation. A terme, un numéro unique devrait être mis en place. Pour le Dr Eric Galam, médecin coordonnateur de l’Association d’aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (AAPML), l’une des 7 signataires, cette fédération est aussi l’occasion de professionnaliser l’aide aux soignants.


La souffrance psychique des soignants s’est-elle aggravée ces dernières années ?
Dr Eric Galam : Si l’on regarde les études menées depuis 10 ans, on constate des chiffres bien plus importants chez les soignants que dans la population générale. Ils n’ont pas l’air d’évoluer mais ils sont stables à un niveau élevé depuis plusieurs années.

Concernant l’épuisement professionnel par exemple, il faut prendre en compte 3 critères : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation du patient et la baisse de l’accomplissement personnel. Au moins 30 à 40 % des professionnels interrogés citent au moins l’un de symptômes, et entre 5 et 10 % affirment en ressentir 2 ou 3. Lorsqu’ autant de professionnels vont mal, c’est très inquiétant. Surtout lorsqu’il s’agit d’une profession sur laquelle on est censé s’appuyer en cas de difficultés.

A partir de ce constat, on peut dire que la souffrance du soignant est à la fois un signe de la souffrance de la société, mais aussi d’un système en tension. A noter, que cela touche aussi bien les médecins en activité que les jeunes en formation. Si même les médecins de demain sont impactés, cela montre bien que ces souffrances ne sont pas simplement liées à une charge administrative trop lourde. Elles sont en lien avec ce métier difficile qui est de soigner.

Ecoutez l'intégralité de l'entretien avec le Dr Eric Galam :  

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Les associations d’aide ont-elles permis aux médecins de parler plus librement de ce mal-être ?
Dr Eric Galam : Avant la création de ces associations, c’était un tabou, mais je crois, effectivement, qu’on en parle beaucoup plus volontiers maintenant grâce à elles. Mais cette parole s’est libérée aussi dans toute la population grâce aux efforts fournis pour faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle.

Les soignants ont-ils besoin d’une prise en charge spécifique ?
Dr Eric Galam : Très souvent, ils ne se prennent pas en charge. Ils sont dans le déni, dans l’auto-diagnostic et l’automédication. Ils se débrouillent comme ils peuvent parce qu’être pris en charge est pour eux est une forme d’indignité. En fait, ils ont du mal à accepter d’entrer dans le rôle du patient. C’est notamment pour cela qu’une association signataire du contrat avec l’Ordre a développé des lits d’hospitalisation en psychiatrie et addiction dédiés aux médecins et délocalisés pour éviter aux médecins de rencontrer leurs patients dans des lieux de soins. Il faut faciliter l’accès aux soins. Paradoxalement, c’est comme s’il n’y avait pas d’accès aux soins alors que les médecins baignent dans le soin.  

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