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QUESTION D'ACTU

Danièle Desclerc-Dulac

Moi ministre de la Santé : "Je rendrai la démocratie sanitaire concrètement effective"

Avant le 1er tour de la présidentielle, 5 personnalités se projettent en tant que ministre de la Santé. Pour la présidente du CISS développer la démocratie sanitaire est essentiel.

Moi ministre de la Santé : \ Jérôme Chassain

  • Publié 20.04.2017 à 14h41
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Dans quelques semaines, le portefeuille de la Santé et des Affaires sociales quittera les mains de Marisol Touraine. Si Emmanuel Macron a d’ores et déjà annoncé qu’il nommerait un médecin au ministère de la Santé, les autres candidats à la présidentielle 2017 n’ont pas encore donné d’indice. Mais qu’il soit professionnel de santé ou issu de l’élite politique, l’heureux élu héritera d’un ministère compliqué à gérer.

Au cours de ces 5 dernières années, le bras de fer n’a jamais cessé entre le ministère de la Santé et les syndicats de médecins, notamment autour du tiers payant généralisé décrié par une large majorité de la profession. Le malaise des soignants a également été l’un des gros dossiers de la ministre.

Le prochain locataire de l’avenue de Duquesne sera aussi attendu sur des questions plus sociales comme l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour les couples de femmes homosexuelles, l’euthanasie ou encore la légalisation du cannabis. Autant de débats auxquels les associations souhaitent participer et faire entendre leur voix.

Face à ces enjeux, la rédaction de Pourquoidocteur a proposé à différentes personnalités du monde de la santé et associatif de livrer leur programme pour le prochain quinquennat. Danièle Desclerc-Dulac, présidente du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), expose ses mesures pour que la démocratie sanitaire s'implante concrètement dans le monde de la santé.

 

« Si je devenais ministre de la Santé, mon action prioritaire en matière de démocratie sanitaire consisterait à favoriser les moyens de la rendre concrètement effective pour les usagers comme pour les professionnels, c’est-à-dire tous ceux pour lesquels et par lesquels elle doit exister.

Par exemple, au niveau individuel du rapport médecin / patient, je pense qu’il est aujourd’hui essentiel et incontournable que la décision partagée s’impose comme le modèle de la relation de soins. Mais une fois que cela a été dit, comment peut-on faire pour aider à ce que cette approche imprègne vraiment les pratiques ? C’est à mon sens avant tout, dans la majorité des cas qui ne sont pas forcément complexes, une question d’attitude et de point de vue sur ce qu’on attend de la relation de part et d’autre. Et dans les situations complexes, il faut se donner les moyens de systématiser des pratiques facilitantes comme celle de proposer, et d’organiser l’accès à un deuxième avis médical dès qu’un diagnostic grave est établi. C’est un investissement qui répond pratiquement aux exigences de la démocratie en santé appliquée aux situations individuelles et qui montrera très vite, j’en suis persuadée, son grand intérêt en termes d’amélioration de la pertinence des soins tant du point de vue de leur qualité que de leur coût.

Dans sa dimension collective, j’imposerai un exercice plus formalisé du débat démocratique et de la prise en compte de l’expression des parties-prenantes autour de décisions emblématiques devant servir l’intérêt général et concernant directement la vie quotidienne des acteurs. Je pense notamment à la mise en place des « groupements hospitaliers de territoires » qui peuvent paraître des enjeux très techniques à priori, mais qui auraient mérité d’être beaucoup plus débattus, co-construits car ils vont avoir des répercussions bien au-delà de la seule organisation de l’hôpital. De même, je demanderai à ce que des représentants des usagers, issus du monde associatif, participent aux négociations conventionnelles avec les syndicats de professionnels de santé et les organismes d’assurance maladie. Je suis convaincue que notre implication comme troisième partenaire apporterait une vision intermédiaire favorisant l’entente autour de consensus, plutôt que l’opposition de plus en plus frontale de deux points de vue qui mène à des situations de blocage comme on a pu le voir tout récemment avec les dentistes. »

 

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